Rengu Kokuren (Fujimi Kakon) || Nous ne sommes libres de rien
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(#) Sujet: Rengu Kokuren (Fujimi Kakon) || Nous ne sommes libres de rien 03.04.16 18:11
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Rengu Kokuren (Fujimi Kakon)

Informations

Année de Naissance : -59. (109 ans)
Genre :
Race : Harpie féroce (Rapace)
Statut : Libre
Métier : Grande-Prêtresse de Taisha. (Veuve de l'ancien chef Kakon)
Don(s) :

Régénération cellulaire (don ainoko) || Permet à Rengu de se régénérer plus rapidement. Seulement, la régénération est toujours assez lente : coupez-lui la main et elle mettra une à deux semaines à repousser. Plus la blessure est importante ou complexe, plus elle mettra du temps à se régénérer. Pour ainsi dire, une lame dans son crâne la tue tout simplement, et toucher son cœur également. Les attaques apportant une mort immédiate ne peuvent donc être soignées. (Couper la tête, transpercer le coeur, explosion...) Et bien entendu, les cicatrices restent.

Transformation partielle (don ainoko) || Ayant déjà des ailes lui permettant de voler, l'ancienne Kakon peut obtenir les serres meurtrières de la harpie féroce à la place de ses jambes, ainsi qu'une augmentation de sa force, de sa férocité, de son agilité et de sa vue. Ses serres sont d'un noir d'encre, aiguisées, rivalisant avec certaines lames. Ses bras disparaissent, joignant ses ailes. Ainsi, comme l'animal dont elle porte l'ADN, elle peut attraper des poids conséquents et s'envoler avec. Néanmoins, ce poids ne peut dépasser celui d'un Ainoko moyen. Elle peut attraper et s'envoler avec un objet ou un être dont la masse est inférieure à 80kg. Cette transformation lui permet de voler autant sous la pluie, que dans la forêt, dans les cieux, et même sous une météo très venteuse.

Hermaphrodisme (don divin) || Rengu peut changer de sexe, grâce à la bénédiction de Taisha, afin d'être en harmonie avec tous les temples. Étant déjà une femme au physique androgyne, ce don lui permet de devenir un homme androgyne. Elle garde la même masse corporelle, ses attributs féminins disparaissent pour ceux masculins, ses muscles deviennent un peu plus nerveux, et son faciès déjà masculinisé, un peu plus homme.


Psychologie & Physionomie

Ca claque des talons, ça sourit à tout va, ça fait croire que c’est beau, ça ment dans ses apparats. Des belles robes de brocard et d’or, des perles et autre soie, de beaux ongles nettoyés, du maquillage à en suer, un petit corset pour mettre en avant, et n’oublie pas ton sourire pour montrer tes grandes dents. Discute et charme pour mieux ouvrir tes jambes plus tard, débauche que tu es, chose inutile que tu sembles. Tes cheveux coiffés, ta peau poudrée, tu es tirée à quatre épingles, en prévision d’un baiser, d’un mariage, d’un petit monde à construire.

Futilité.

Une Ainoko seulement bonne à enfanter est faite pour être mariée, son esprit est trop serré pour voir au-delà. Pourtant, son regard note l’intérêt du bel homme pour une passante. Intrigante. Y a de ces femmes qui se parent d’un masque, c’est la nature, on leur a appris. Et y a de ces femmes qui semblent vieilles filles, sans rien pour les protéger des vilénies. Pourtant, ose seulement montrer tes crocs. Car si Rengu est cette vieille fille, personne n’a le droit de la mépriser, au risque d’un regard venimeux, ardent à t‘en bruler.

Rengu, on la remarque pour sa démarche. A chaque pas, ses vêtements de grande-prêtresse prouve sa présence. Démarche autoritaire, assurée, elle sait où elle va, elle sait ce qu’elle fait. Le métal qui frotte le métal, le tissu contre le cuir. Rengu a cette façon d’agir, pleine d’expérience et d’une vieillesse naissante. Ses mains sont longues, ses poignets fins, mais une force se dégage de son corps bien droit.

Il ne la regarde pas pour une quelconque beauté, il la regarde car elle est une tâche sur la toile. Une tâche qu’on a beau gratté pour l’enlever, elle reste ancrée pour mieux t’emmerder. Elle contamine la belle peinture, semble bernique sur son rocher. Tu la remarques pour le pourpre de son manteau, tu la remarques pour son pas décidé.  

L'ancienne Kakon pourrait être traitée de garçon manqué, mais personne ne la fait, et personne n’a voulu essayer. La prêtresse est d’une grandeur interminable, elle dépasse certains ainokos d’une bonne tête et demie. Un mètre quatre-vingt dix de longueur, pieds à la tête, pour un poids qu’on gardera secret. Après tout, laissons lui cette parcelle de féminité. Épaules carrées, muscles saillants, finesse qu’elle cache sous son habit sanglant. Son ancienne éducation, les batailles, les nuits sous la pluie glaciale et les courses pour garantir sa survie ont forgé son corps. Quand on est une des rares femmes de l’armée lors de l'ancienne guerre, on apprend à s’adapter pour être respectée. Quel contraste avec son rôle, car on ne change pas les habitudes de la demoiselle. Pour sûr, elle a rangé la lame, les morts, la violence, mais la nature ressort toujours, aussi véritable que douloureuse.

Rengu tourne son visage pour planter ses yeux dans les tiens. Ils sont bizarres, ils s’enflamment dans une glace vieille et fissurée. Ce genre d’iceberg difficile à annihiler. Son œil gauche est d’un noir chaotique, tandis que le droit rappelle ces matins brumeux, où les manants humains crèvent de froid sur les trottoirs. Deux yeux qui semblent s’être encastrés de force dans son visage long au menton pointu et aux joues creuses. Ses sourcils sombres et froncés lui donnent un air sérieux et menaçant. Rengu est pâle, et ses longs cheveux d’un blond terni par ses nombreuses années avivent le rouge de ses lèvres gercées et de la cicatrice sur son nez cassé. Y a pas que ça, y a aussi ses immenses ailes, terribles, fortes et repliées, noires aux bords blancs à l'extérieur, et blanches à l'intérieur, et semblant pouvoir soulever des montagnes. Elles frémissent à la moindre brise, et elles sont si longues, qu'elles traînent par terre, sur un petit mètre. Cette perche, dans toute sa grandeur, est un rapace, à n'en point douter.

Elle n’est pas femme, te dis-tu. Elle est prêtresse de Taisha, vertueuse, ancienne soldat, reconvertie depuis longtemps. Mais les traces du passé ne peuvent toutes être effacées. Tu imagines facilement les autres marques de confrontation sur son corps, tu pourrais presque sentir leurs reliefs ignobles. Tu détournes le regard, tu en as assez vu. Lui aussi, il en a assez vu. Rengu rappelle ce qu’on ne veut pas se souvenir ; la guerre, le sang, les drames, les tueries, les humains libres. Malgré sa reconversion, son renouveau, elle reste la vieille carne de l'île, la vieille qui a vu, encore et toujours. Et même si on préfère l’éviter car on l'a dit emmerdeuse, salope, une de ces connasses qui croient avoir raison, on apprend à la respecter. La seule différence qui la rend plus prostituée encore, c’est certainement qu’elle ne croit pas avoir raison, mais qu’elle a raison. C'est une médiatrice hors paire, une vertueuse bien nécessaire, oui, mais qui n'est guère parfaite. Elle ne frappera jamais, elle ne tuera jamais. Seulement les relents du passé, aussi important soit son renouveau, viennent à notre nez comme la puanteur des égouts.

Une mèche d’un noir tissé dénote dans sa chevelure presque blanche, soulevée par le vent. On dirait un message ironique, une petite décoration en contraste avec l’être le portant, dont la signification caustique semble claire pour tous les passants : je t’emmerde, mais poliment.



Fujimi n. f. Être vivant proche du décès, toujours capable de faire chier le monde. / Chose dangereuse pouvant potentiellement faire de ta vie un enfer. / Un contact visuel de moins de deux secondes et trois dixième signifie qu’elle ne vous donne aucune importance. / Pousse pas mamie dans les orties. / C’est dans les meilleurs pots qu’on fait les meilleures confitures. / Comme le vin, plus le temps passe, plus c’est divin. / Aucune date de péremption.

La veuve Kakon possède une réputation des plus mitigées, du à son passé dans la guerre, mais aussi à son fort caractère. Les plus optimistes la décriront comme ayant été un soldat exemplaire et responsable, qui a survécu au pire et qui incarne le respect. Les plus malchanceux murmureront qu’elle n’est que folie et connerie, pétant plus  haut que son cul, ou encore, incapable du moindre discernement. Et la vérité, dans tout ça ?

Chacun se fait son avis en fonction de ses expériences. En fréquentant Rengu, il est difficile de s’en faire un plus ou moins équilibré. Certains la portent en estime, d’autres veulent sa mort. Les plus jeunes la respectent comme la grande-prêtresse qu'elle est, tandis que leurs parents murmurent les pires inepties à son sujet, et ne lui diront jamais en face, jamais. Les points de vue diffèrent, mais en général, ils ne mentent pas. Ils ont chacun une part de vérité, plus ou moins importante. Ce qu’il faut retenir ; Rengu Kokuren se fout bien de l’avis des gens qu’elle ne connaît pas, et même qu’elle connaît. Rengu porte en estime de très rares personnes et ignore les autres. Rengu est âgée, et avec l'âge, elle devient de plus en plus têtue, en clair : ce sont les autres qui s’adaptent à elle, non le contraire.

Kokuren, on pourrait lui trouver tous les défauts du monde, il n’en est qu’elle les mettra en avant sans honte, et avec une ironie si cinglante que les mots nous manque. Quand il le faut, la grande-prêtresse met la main à la pâte, non par folie, mais par logique, pour suivre son chemin de pensées et ne pas se laisser arrêter par des barrières. Elle doit être médiatrice, et ne se laisser influencer d'aucune manière. Rengu fait peur, non par son physique mais par sa psychologie. Les mots deviennent morsures entre ses lèvres, elle les manie adroitement, sans détour, ni hésitation. Une adresse qui, bien sûr, n'est pas constante, et tout aussi utilisée pour se montrer polie, accueillir, soutenir, et remplir son rôle. Car la langue de vipère n'est guère une vertu en tant que Grande-Prêtresse de Taisha.

Rengu met en avant son jugement, la meilleure solution qu'elle pense possible pour tout le monde, et même si elle se trompe, Rengu a raison, Rengu croit toujours qu’elle a raison. Lui répondre ne la blessera pas, elle sait déjà qu'on la perçoit mauvaise, et rétorquera platement qu’il faudra toujours un méchant dans l’histoire, que ce rôle lui scie à merveille. Certains seront toujours en désaccord avec la décision des Grands-Prêtres et Grandes-Prêtresses de l'époque, lui ayant donné ce rôle, du à son passé. Néanmoins, ils n'oseront jamais dire que Taisha a eu tort. C’est cette assurance qui fait sa réputation de vielle carne autoritaire, incapable d’étirer le moindre sourire.  

Erreur.

Rengu sourit. C’est juste trop effrayant pour être défini comme « un sourire ».

La veuve se fiche bien de ses apparences. Elle porte les vêtements de Grande-Prêtresse par devoir, mais si on lui ordonnait de marcher nue dans la rue, elle s'en ficherait bien. C'est comme ce qu'on peut dire sur elle, qu'elle est mauvaise, qu'elle n'a pas sa place. Cela ne la freinera en rien d'accomplir son rôle. Car on aura beau dire, elle peut être la pire des salopes, son travail est fait avec minutie. Rengu a été soldat depuis qu’elle a l’âge de s’engager, elle a de l’expérience sur le terrain, elle a de l'expérience dans la vie de tous les jours et Rengu ne garde pas cela pour elle. Rengu offre ses conseils aux plus jeunes et plus perdus, et même si parfois son extrême franchise se fait entendre, personne n’a osé lui reprocher quoique ce soit. Car Rengu se montre implacable comme rassurante non pour elle mais pour les autres, pour tous les Ainokos sur cette île. Rengu n'hésiterait pas à se tuer, et surtout à se faire passer pour la pis, si cela permettait à son ancien clan, à ses enfants, et à son peuple d'être dans la sécurité la plus totale. Si, se faire détester par tout à chacun est le prix à payer, elle en paiera le double afin d'être sûre que cette sécurité sera éternelle.

Si la verve de Rengu est parfois des plus dures, elle a aussi appris l’art de captiver une assemblée par des discours. La Grande-Prêtresse en a assez des morts. Elle a beau possédé un sang-froid remarquable et une capacité d’analyse à toute épreuve, Rengu est fatiguée des confrontations, fatiguée de fermer les yeux et de faire face à sa hantise, fatiguée de ce monde insensé à ses yeux, fatiguée d’observer l’incapacité et l’ignorance des Ainokos quant au monde extérieur, et de leur confiance en ce traité. Elle a peur du futur, et elle a peur que ce traité ne sera que trop tôt brisé, elle en est même persuadée. Fujimi a trop fréquenté la faucheuse au front, lors de l'année 00 et en tant que Kakon. Ce pourquoi elle s'est mise au service de Taisha, abandonnant ses serres. Elle s'est jurée en devenant Grande-Prêtresse, de garantir la sécurité et la vie des Ainokos. Car chaque vie est précieuse, aux yeux de Rengu, terriblement précieuse. Mais si la vie d'une personne m'est en danger celles du plus grand nombre, Rengu n'y réfléchira pas à deux fois.

La Kakon avance, sûre d’elle, forte, et dure. Elle est capable d’user de tous les mots et de son charisme, pour remettre à sa place un être qu’elle a jugé futile ou à la trop grande gueule, qui serait dangereux pour lui-même. Quitte à se faire détester par le plus grand nombre. Son but n’est pas d’avoir la sympathie des autres, son objectif est de résoudre les problèmes, d'être la médiatrice, et elle ne tolèrera aucun obstacle. Si elle ne peut l’éviter, elle détruira le mur. Suicidaire ? La Grande-Prêtresse ne se mutile pas ; osez murmurer la question et vous aurez le droit à son regard vairon foudroyant. Alors, être la seule à applaudir ironiquement le discours d'un individu dangereux et fou, n’est pas considérée comme de la bravoure chez elle, mais comme la normalité même.

Malheureusement, ses qualités sont ses défauts. Rengu est trop franche, Rengu est trop raisonnée. Rengu pense avoir raison, malgré des preuves évidentes du contraire. Rengu est trop fière pour s’excuser sincèrement. Certains évènements vous changent considérablement. Rengu a subi un de ces passages, et elle en a perdu la capacité de ressentir au jour le jour les émotions, pour mieux gagner celle de s’éloigner de son cœur pour ne réfléchir qu’avec sa raison, à trop prendre du recul, elle s‘oublie elle-même. Le bien-être de son peuple est son bien-être, son bien-être est important. Elle servira donc son peuple et ce qu’elle pense juste pour lui, quitte à finir à genoux.

Mais comme dit Fujimi Kakon, veuve et grande-prêtresse : dans chaque défaite, on apprend une victoire. Rengu ne se considère jamais perdante, elle gagne toujours quelque chose de ses expériences, surtout les plus catastrophiques.



Biographie

« Il y eut beaucoup de lumière, une lumière tellement aveuglante, et pourtant si charmante. Ce fut mon premier souvenir. Pas ceux d’avant, où il n’y avait que la faim, l’oisillon, le vol et la chasse. Ici, c’était un vrai souvenir. Pour la première fois de mon existence, Fujimi… J’étais conscient. »

Masamune, lorsqu’il eut la capacité de se nommer, de comprendre, de toucher, a vécu le développement des Ainokos, depuis l’an -100. Et malgré cette phrase, il se rappela de la violence animale qui opérait encore, les années suivantes, fusionnant et repoussant l’humanité offerte par la Déesse. Tout n’était pas aussi ordonné qu’à sa mort, il ne cessa jamais de rappeler à Fujimi, enfant, combien leur évolution a été extraordinaire, et combien il avait peur qu’aussi vivace fut-elle, elle ne devienne décadente et disparaisse.

Masamune était un jeune harpie féroce, à l’époque, qui se joignit à d’autres rapaces charognards, en vingt-trois ans d’évolution. Mais avant l’an -77 et la véritable existence des sept grandes familles, Masamune n’était pas bien vu. Au fur et à mesure du temps, à force d’aider pour trouver, petit pas par petit pas, leur avancée ainoko, Masamune était devenu une sorte de dominant de sa caste, avec son frère de coeur, rapace charognard, qu'il avait rencontré quelques temps plus tôt. Les rapaces charognards suivaient ses idées, sa poigne, sa conviction avec plus de facilité qu’aucun autre. Étant rares sur l’île, cette espèce faisait de son mieux pour se faire accepter par les autres groupes et espèces Ainokos. Mais Masamune était une harpie féroce, et malgré le début de civilisation opérant grâce aux dieux, Masamune n’était pas le bienvenu, tout comme ses comparses.

Une harpie féroce, l’animal, se nourrit de chiens, de singes, de petits félins, c’est un animal terriblement violent, lorsqu’on s’approche de son nid. Si la conscience était apparue chez ces animaux, à l’an -100, l’instinct restait encore florissant. En l’an -86, Masamune et ses pairs, de part l’hybridité de son chef, portaient une réputation peu engageante. Certains rapaces charognards se retrouvèrent lapidés par des Ainokos félins, d’autres lémuriens, chiens et moyens mammifères. Dès qu’un meurtre était découvert ou une personne avait disparu des groupes formés, on accusait la harpie, surtout lorsqu’il s’agissait d’enfants décédés et lacérés. Les meurtriers faisaient en sorte de cacher les preuves en mutilant leurs victimes, plus c’était ignoble, plus on croyait qu’il s’agissait de l’œuvre des rapaces charognards. C’était une opposition proie – chasseur.

Masamune eut beau faire pour protéger les plus jeunes de sa meute, ils étaient enlevés, et le lendemain retrouvés le cou brisé. A ce rythme, ils auraient disparu de l’île. Mais il était bien des autres groupes d’espèces, qui ne se sentaient atteint par les rapaces charognards, et ils étaient essentiellement volatiles. Ainsi, les futurs Shikai et les futurs Kakon, prirent la peine, en l’an -80, de protéger et soutenir Masamune et ses pairs. Les idées reçues furent supprimées aussi vite que les clans se formèrent. C’est ainsi que Masamune se lia d’amitié avec le premier chef des Kakon.

Durant trois ans, Masamune soutint le chef des Kakon dans ses entreprises. Il vit les clans les plus imposants dominer les autres et mettre en place peu à peu un code pénal. Car si Masamune avait subi la réputation de son hybridité, il n’était pas le seul. Rien n’était écrit comme aujourd’hui, il n’y avait pas de règle, pas de limite, pas de punition, pas de droit. Les futures sept grandes familles mirent alors en place en -77 le « Code Pénal » de Migoto No Shima, et devinrent les sept familles dirigeantes de l’île. Les Kakon en faisaient partie.

Ils s’étaient rapprochés, durant les quelques années où ils s’étaient côtoyés, et ils décidèrent d’unir leurs deux espèces. Le chef Kakon et Masamune promirent de rattacher leurs deux clans en mariant leurs enfants. Ainsi, en -77, le clan des rapaces charognards prirent le nom de Masamune et de son frère de cœur, Kokonoka, le temps de marier les deux conjoints, et d’ainsi devenir la branche secondaire des Kakon. Les Kokonoka furent donc dirigés par Masamune et son frère de cœur, rapace charognard, qui étaient considérés comme deux frères de sang sur le papier. Cette décision dura jusqu’en -59, où Masamune préféra rester un peu plus en arrière.

Seulement, Masamune n’avait toujours pas trouvé de femme, et n’avait donc pas d’enfant. Avec la violence des années précédentes, il avait préféré éviter une possible tragédie. Il fallait aussi ajouter à ceci, que due à son hybridité, Masamune prenait grandes précautions pour choisir une femme, car elle resterait sa conjointe jusqu’à la fin de son existence. Une harpie féroce ne prend qu’un seul partenaire dans sa vie.

Ainsi, les Kokonoka épaulèrent les Kakon lors de leurs missions sous cape. Due à leur taille, ils étaient très doués pour attraper avec vivacité une personne gênante, et repartir dans le ciel avec elle… Ils semblaient faits pour les kidnappings, et les interrogatoires. Car malheureusement, à l’époque, même si le Code Pénal avait été crée, ce n’est qu’en -57 où il y eut une notion d’échelonnage des crimes. Avant cela, les punitions pour les délits étaient violentes ; Masamune se retrouvait parfois à tuer un Ainoko qui tentait de fuir, au même titre qu’un Ainoko meurtrier.

En -61, il rencontra une harpie féroce. Ils se fréquentèrent, et le regard aussi amoureux que craintif, raconta cette première rencontre avec la mère de Fujimi toujours de la même façon : « Elle avait des yeux qui tiraient en plein cœur. » Des yeux dont, il s’empressait de rajouter, elle avait hérité.

Il se maria avec cette femme, racontant à quel point il remerciait Taisha, cette cérémonie, et à quel point à l’époque, les temples étaient plus petits, autant que les figurines à l’effigie des dieux, crées par la famille Pôko. Il n’y avait ni bronze, ni pierre, seulement de la terre. Et le ressentiment passé sur leur famille, Masamune raconta à quel point sa mère avait pleuré, en voyant le cadeau offert par la famille Pôko : une figurine d’Igaku, en terre cuite, pour les bénir d’un premier enfant.

En effet, deux ans après, au plaisir de son ami chef des Kakon, Fujimi naquit. Malheureusement, sa naissance prit la vie de sa génitrice. Elle ne garda d’elle seulement ce regard vairon. Masamune eut le cœur brisé, il ne se remaria jamais. La harpie féroce se destitua de ses quelques responsabilités, laissant son frère prendre le flambeau à lui seul. Il l’aiderait, il travaillerait énormément, mais moins pour s’occuper de la seule chose précieuse à ses yeux : Fumiji. Fumiji Kokonoka, qui était promise au futur chef Kakon, né deux ans avant elle. Si Masamune avait su à quel point c’était une chieuse de première ordre, peut-être l’aurait-il jeté aux Jigoku, pour qu'elle sévisse le même sort que certains enfants.

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Masamune engagea une jeune nourrice, pour s’occuper de Fujimi, une jeune femme qui venait d’enfanter, qui pourrait l’allaiter. Encore quelque chose qui laissait Masamune perplexe : il se souvenait de comment ses parents le nourrissait, en chassant, et en lui ramenant de la nourriture au nid. Lui ne pourrait jamais remplir ce rôle pour Fujimi.

La demoiselle grandit, sans soucis aucun. Elle apprit à marcher, et à voler, ayant plus de facilité avec le second apprentissage que le premier. Elle tomba, elle se releva, elle pleura, elle ria. Six ans d’innocence à se laisser bercer par l’enfance et non le désir des adultes. Masamune n’engagea pas de précepteur, voulant la sociabiliser, lui montrer la cruauté des enfants, la réalité. Il l’envoya donc auprès des prêtresses de Rika. Son but, bien qu’il l’aima du plus profond de son cœur, n’était de l’enfermer dans un cocon d’or et de douceur. Il savait que ce dernier n’était fait pour elle, car Fujimi ressemblait de plus en plus à sa mère. Elle aimait remettre en question le professeur dans la classe, n’admettant guère ses torts. Non, ce que voulait Masamune pour sa fille, c’était de vivre autant les malheurs que la beauté du monde, et toujours rester la tête haute.

A ses sept ans, elle quitta l’éducation de Rika, pour suivre celui d’une préceptrice. Seulement, cette dernière partit au bout de trois mois, car avec le temps, Fujimi devint de plus en plus insupportable, et de plus en plus butée. Chaque servante, chaque être ne cessait de lui rappeler combien elle était chanceuse d’épouser le futur chef des Kakon. Et si au début cela la faisait sourire, elle lançait, à ses dix ans, ce qu’elle trouvait sur le malheureux ou la malheureuse. Dans le pavillon de Masamune, ce fut la débandade de précepteurs, de nourrices, et de servants. Car, en effet, les premières années où les Ainokos furent asservis, Masamune n’en achetait aucun, le système était trop nouveau à son goût, et il ne voulait se retrouver avec un possible criminel asservi, capable des moindres dangerosités envers son enfant. Mais il revint sur cette décision, des années plus tard, lorsque le système fut bien mis en place.

Et Fujimi chercha à se faire entendre, haut et fort. Elle clamait son droit de s’entraîner avec les autres Kakon, qu’elle ne voulait pas être qu’une Ainoko bonne à enfanter, qu’elle ne voulait pas rester assise à ne rien faire. Elle voulait, sur son lit de mort, se dire qu’elle avait fait quelque chose de son existence. « Je veux accomplir quelque chose de grand, Père ! Soit j’y arrive toute seule contre vent et marée, soit tu me soutiens ! » Les sourcils froncés, une dent de lait en moins et pourtant tout crocs dehors, Fujimi jetait des éclairs avec ses iris. Masamune ne se laissa pas intimidé, mais il accepta, car le contraire l’aurait rendu malheureuse. D’autant qu’il allait devoir se montrer de moins en moins présent, pour soutenir le chef Kakon.

En effet, en l’an -49, le Code Pénal ne couvrait pas tous les délits comme il se devait. Les crimes les plus importants étaient vus autrement, et les sept grandes familles devaient régler ce souci dérangeant. En attendant l’année -26, les Kaijuu faisaient de leur mieux pour contrôler la situation et rendre le tout sécuritaire. Les Kakon faisaient tout autant pour contrer ces quelques… « Problèmes » inopinés.

Fujimi voulait définitivement faire comme son père et le chef des Kakon. Elle voulait s’entraîner, voler haut dans le ciel, descendre en piqué, combattre et s’essouffler. Mais aussi connaître son futur mari, dont on lui parlait tant. Car elle ne l’avait jamais entraperçu, et trouvait la situation bien injuste que lui puisse suivre les préceptes obscurs des Kakon, et non elle. La harpie était bien décidée à faire pencher la balance en sa faveur.

C’est donc l’année de ses dix ans, où elle suivit les préceptes Kakon, à utiliser ses serres, ses ailes et sa tête pour arriver à ses fins. La harpie était douée, et elle rencontra son fiancé son premier jour. L’entrevue lui fut bien étrange, il était de sa taille malgré leur différence d’âge, et ses ailes étaient plus petites que les siennes. Ce qui ne l’empêcha pas de la battre à plate couture à chaque défi. C’était plus une compétition, entre les deux, et non de l’amitié ou un quelconque rapprochement. Masamune s’inquiéta d’ailleurs, car le futur chef Kakon ne la désirait pas physiquement, et il fallait dire que Fujimi n’y mettait pas du sien… Elle était un peu trop masculine, et cherchait toujours à le battre à plate couture. Elle envoyait valser les servantes voulant la maquiller de ses ailes, pour mieux se concentrer sur son propre chemin. Car jamais Fujimi ne ferait d’efforts pour quiconque, exceptée elle-même.

Son géniteur n’était plus présent, depuis qu’il l’avait laissé aux bons soins de la famille Kakon pour l’entraînement, la théorie et la pratique, Fujimi ne le voyait qu’à peine, ce qui l’endurcit, et l’affaiblit aussi. L’année de ses quatorze ans, la jeune Kokonoka se prit de plaisir à s’évader dans la bibliothèque du temple du savoir. Son mentor Kakon la fatiguait, et la crise d’adolescence n’arrangeait rien à la chose. Certaines filles courtisaient son fiancé, quant à elle, elle n’avait ni hanches, ni poitrine réellement développées. Fujimi ne souffrait pas d’absence de confiance en soi, elle était juste terriblement agacée par le comportement de ses comparses. Elle était comme sauvage, s’enfuyant, revenant, n’écoutant jamais ni l’un ni l’autre de ses éducateurs, et ne se fiant à aucun avis excepté le sien. Il lui arrivait aussi de mordre lorsqu’on l’embêtait trop.

Fujimi trouvait, qu’elle n’avait pas assez appris de leur monde, de leur éducation, des ainokos. Tout passait si vite, la violence était contenue et chaque problème trouvait solution. La terre cuite laissait place au cuivre, les asservis étaient bien mieux gérés. En un clin d’œil, tout pouvait changer, ce qui effrayait en soit la harpie. La bibliothèque comptait de rares ouvrages, à cette époque. L’écriture s’était développée, mais les supports évoluaient lentement. Les temples étaient plus modestes et austères, les prêtresses moins nombreuses.

Pourtant, elle aimait ce lieu, et l’histoire qu’il renfermait. Fujimi voulut apprendre la naissance des Ainokos, les rites et la religion bien plus en détails. Elle s’échappait chaque fin d’après-midi pour s’y rendre et apprendre d’elle-même ce que les défunts avaient à raconter. C’est au mois de Kage, tandis qu’elle s’emmitouflait dans ses ailes pour se réchauffer, tout en lisant encore une fois les préceptes de Taisha, qu’elle rencontra la Grande-Prêtresse de Rika. Cette dernière lui fit la conversation, et devint comme une figure maternelle pour Fujimi. Elle lui racontait, elle lui apprenait, elle la conseillait. Cette femme réussit à calmer la férocité effrayante de la harpie.

Les années passèrent, et le mariage aurait du se faire. Mais Fujimi le retardait toujours, comptant sur l’amitié terrible entre le chef Kakon et son père, pour gagner du temps. Elle avait peur de porter ces chaînes, qu’elles ne verrouillent à jamais tous ses espoirs. Honoka Kaijuu n’était pas encore présente à l’époque, les Ainokos femelles, malgré un équilibre toujours présent, étaient pourtant moins sur un pied d’égalité avec les mâles, qu’aujourd’hui. Fujimi voulait devenir autre chose que "la femme du chef des Kakon", elle voulait sa propre désignation, sa propre route.

L’entraînement Kakon continua, de plus en plus complexe, puis elle fit sa première mission aux côtés de son fiancé. Elle en fit d’autres, seule, ce qu’elle préférait. Elle aimait chercher du ciel les criminels pour mieux les attraper. Elle aimait son rôle, et son indépendance. Fumiji calma son tempérament avec les années, mais il restait toujours très affuté. Puis, l’an -26 arriva enfin, avec la mise en place de la peine de mort sur Migoto. Son géniteur fut alors bien plus présent, il s’entraîna avec elle, et chercha aussi à la convaincre de se marier. Le futur chef Kakon semblait déjà aller voir ailleurs, et s’il prenait une autre pour épouse, il doutait du choix du père Kakon. Fujimi se renfrogna.

La même année, Masamune revint avec un asservi, chose surprenante du goût de Fujimi. C’était un Ainoko Lièvre, elle l’observa de loin, sans trop s’en faire. Mais c’était bien la première fois que Masamune prenait un asservi. La harpie préféra se concentrer sur la stratégie Kakon, et sur l’utilisation de ses dons. Et les doutes de son géniteur prirent forme plus vite que prévu.

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En l’an -12, Masamune arriva en trombe dans la partie de la demeure où habitait sa fille, accompagné d’Hakyu. Et son regard aussi accusateur que pressé en disait long sur la teneur de l’évènement. Rengu n’avait pas dénié revenir sur son refus de se marier, et désormais, elle en subirait les conséquences. Pour tout dire, elle les attendait, et cela ne la surprit guère d’entendre que son fiancé avait eu un bâtard, une fille plus précisément, avec son asservie.

La harpie se souvint de cette dernière, et du regard qu’elle lui lançait parfois ; du dédain. Il fallait dire qu’à l’époque, Rengu se rapprochait du futur chef des Jigoku, Fukushuu. Masamune ne voyait pas cela d’un très bon œil, mais sa fille s’en fichait bien, au contraire de son fiancé, elle savait ce qu’elle faisait. Les Jigoku n’étaient pas encore éloignés du pouvoir à l’époque, cependant leurs traditions archaïques en rebutaient certains autant que leur apparence. Mais Fujimi appréciait Fukushuu, il l’appréciait en retour, demandez-lui s’il y eut des sentiments, aujourd’hui, elle sourira d’un air plutôt effrayant.

Pourtant, oui, à cette époque où son fiancé allait voir à droite et à gauche, où tout le clan Kakon lui mettait la pression et où ses propres choix lui revenaient en plein faciès, elle se surprit à apprécier plus que de coutume, le poisson des abysses. Il la comprenait, il était terriblement ambitieux, autant qu’elle, ils étaient, en soit, les mêmes. Pourtant, il n’y eut jamais de sexualité entre eux, Fujimi ne souhaitait pas attiser les braises. Alors, ajoutez à cela son regard semblant naturellement hautain, et cette asservie avait toutes les raisons du monde de la déprécier.

Son fiancé la manda sur le champ. Il n’y eut pas d’excuses ; c’était la faute de Fujimi, sa décision. Et la harpie devait réfléchir vite. Il y avait le choix, entre ne pas la reconnaître, et la reconnaître. Le futur chef Kakon bougeait dans tous les sens, il venait de mettre à mal la promesse entre leurs deux parents, et il était face à la première décision qui aurait un impact sur le futur de son clan. Rengu, quant à elle, réfléchissait toujours aussi vite.

Nul doute qu’il en était le père, l’enfant avait ses yeux et surtout son hybridation. De plus, il était bien connu que le futur chef Kakon était des plus possessifs quant à ses asservis. Pourtant, s’il la reconnaissait, cela ferait un héritier potentiel, une concurrence à ses futurs enfants. S’il ne la reconnaissait pas, personne ne serait capable de surveiller la jeune Tenkei et son évolution, et elle pourrait devenir une menace inconnue et surprenante, amère d’être une asservie. Alors, aussi étonnant que cela paraisse, Fujimi conseilla son fiancé de reconnaître ce lien de parenté, et de l’entraîner comme une Kakon.

Son père, même s’il n’était d’accord avec sa fille, comprenait la décision. Néanmoins, cet évènement venait de la pousser dans une zone dangereuse. La pression n’allait être que trop importante. Tout pouvait imploser d’un moment à l’autre. Alors, pour certainement s’échapper un peu, Fujimi se prit au plaisir d’enseigner aux jeunes enfants Kakon.

C’est là qu’elle devint le mentor d’Hayete Kakon, dont les ailes surprenantes lui tapèrent dans l’œil. Elle était encore toute jeune, mais elle en avait dans le ventre et lui rappelait ses jeunes années. Elle aussi, détestait les robes. Fujimi ne se montra pas tendre avec elle, elle lui apprit tous ses tours, sa façon de trancher, de voler, d’utiliser les ombres et les défauts de sa propre personne. Hayete apprenait vite, Hayete grandissait trop vite.

C’est en l’an -10, que l’épée de Damoclès finit par descendre sur sa nuque. Son fiancé ne s’était pas débarrassé de l’esclave, après tout, la harpie ne l’avait pas demandé, et un second enfant naquit. Aido. Là aussi, les gènes ressortaient, et étrangement, avec les années, Aido ressembla de plus en plus à son père. Masamune lui fit part qu’il était temps, les erreurs avaient été faites, et Fujimi devait faire face à son destin.

En premier lieu, elle vit avec son fiancé pour qu’Aido rejoignit l’entraînement avec sa sœur, ce n’était certes, pas un cadeau pour les deux, mais c’était mieux que l’autre scénario. Enfin, elle fit face au chef des Kakon, seule à seul. Personne ne fut là, lorsque la conversation commença. Et lorsqu’elle ressortit de la demeure de son supérieur, elle détenait une promesse : dix ans, dix ans de liberté où elle pourra mettre à bien son ambition. Au bout de ces dix ans, Fujimi se mariera, et durant cette période, elle devra s’éloigner de Fukushuu Jigoku.

Fujimi tint sa promesse. Elle participa à l’évolution de l’île, à la chasse, à la surveillance aérienne et aux opérations Kakon. Elle continua tout autant à entraîner Hayete, ce qui lui permit aussi de sourire un peu, d’une tendresse qui a disparu aujourd’hui. Et de surveiller l’évolution des deux bâtards, peu appréciés par la famille, elle devait l’avouer, le choix commun de son fiancé et elle ne leurs faciliterait pas la vie.

Malheureusement, neuf ans après, le chef des Kakon mourut, et son fiancé prit sa place. La tension était à son comble, et Fujimi n’était guère féminine et avenante envers son futur mari. Désormais, il y avait moins la sureté de l’ami de son père, la certitude d’un mariage. La guerre, elle, la sauva. En quelque sorte.

A l’an 00, quelque chose arriva. Pourquoi décrire ce que chacun connaît ? Peut-être car Fujimi l’a vu de ses propres yeux, et qu’elle est encore là, aujourd’hui, pour en parler aux plus jeunes, à ceux qui ne voient que des êtres inoffensifs. Oui… Car aussi rapide fut leur victoire, Fujimi se souvient des pertes, et surtout à quel point les humains paraissait si fragiles, et dangereux à la fois. Ne jamais se fier aux apparences.

La harpie vit les bateaux arriver, lorsque la guerre commença. Si elle connaissait les navires de Migoto, ceux-ci étaient différents, inconnus, et surtout, venus d’ailleurs. Elle pensa à son moment de gloire, arrivant pile l’année fatidique de son mariage. Son mari avait le droit de combattre, et la présence d’Honoka Kaijuu durant la guerre, permit à bien des femelles de participer. Alors, pourquoi pas elle ?

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Fujimi fit partie des forces aériennes, du à son âge, elle put commander un escadron, au niveau des côtes ainokos. Les humains leurs ressemblaient tant, cela en était fascinant. Ils se brisaient rapidement, mais étaient capable d’une férocité à toute épreuve. La harpie féroce utilisa ses serres pour griffer les voiles, jeter des hommes dans l’océan là où les Jigoku et les Yume, et tous les autres animaux marins rendaient la mer rouge de leur sang. Fujimi se souvient de ce tableau, son premier.

Durant ce premier mois, avant son envoi au Zanshi, Fujimi observa les exploits de Seigi Yume, un narval dont la corne était connue de tous. Des ouvrages parlent encore de ses actes et de ses victoires, Fujimi préféra se référer à la dette qu’elle lui devait à l’époque. Oh, elle était terriblement douée dans les cieux, son agilité et ses serres de la taille de griffes de grizzli, laissaient des traces sanglantes. Elle arrivait à couper des têtes d’un mouvement, et ne se battait presque qu’avec ses jambes.

Malheureusement, dans l’eau, Fujimi était condamnée. C’est un harpon la touchant en plein vol, qui l’amena en plein dans les vagues, les projectiles et les cadavres. Elle avait beau se démener, la harpie semblait une chose pataude et proche de la noyade, aussi inutile qu’un enfant. Ses ailes étaient beaucoup trop lourdes, elles se gorgeaient d’eau. Mais le narval la ramena à bord d’un de leurs navires à temps. Fujimi ressentit certes une grande honte fasse à son état, Masamune la gifla d’inquiétude, plus tard, pour son inattention. Néanmoins, elle avait une dette envers Seigi Yume, qu’elle ne tarderait pas à restituer.

Fujimi passa ensuite deux mois au Taiyotsuki pour interroger, et torturer. Son père l’accompagna toujours. C’est là-bas, malgré leur victoire notable, que Masamune et elle se posèrent des questions. Fujimi a toujours était d’une croyance sans faille envers Taisha, elle n’a jamais douté. Pourtant, son père lui raconta, l’œil dans le vague. La culture du Taiyotsuki, les vêtements, les bâtiments, cela ressemblait étrangement aux vestiges dont il se remémorait. Il y avait une ressemblance entre Migoto et le Taiyotsuki, pourquoi ? L’état de son père devint étrange à ce moment là, Fujimi ne s’en inquiéta que trop tard.  

Après cela, Fujimi fut envoyée dans le Zanshi, où elle termina ses actions de guerre. Ce fut là-bas qu’on lui octroya le merveilleux surnom de Kodomo no Kira, la Tueuse d’Enfants. La base est vraie, mais les rumeurs vont bon train, et ce fut certainement ses actions qui lui donnèrent sa mauvaise réputation d’aujourd’hui, de femme sans cœur et de monstruosité. Car lors d’un combat contre les habitants du Zanshi, Fujimi aperçu un soldat Ainoko en proie contre un bien surprenant ennemi : un enfant. Et certains ont pitié des enfants, la pitié amène aux erreurs. C’était soit son confrère Ainoko, soit cet enfant qui devait certainement protéger son foyer. Fujimi ne le sut pas, et ne chercha pas à le savoir, elle trancha juste la tête du jeune garçon de ses serres, sans hésitation aucune.

Peu à peu, les regards furent torves, l’évènement amplifié, autant dans un camp que dans l’autre. On parlait de la harpie féroce comme celle qui adorait particulièrement s’en prendre à des enfants et qui, la nuit, volait dans l’obscurité pour les kidnapper et les dévorer. Évidemment, Fujimi ne fit jamais cela, elle n’essaya pourtant pas d’atténuer la rumeur.  

Dues à certaines difficultés dans le Zanshi, ils partirent pour les bois, afin de renforcer les troupes Ainokos avant l’entrée dans la forêt de Xuân Lin. Le lendemain, ils devaient attaquer une ville bien connue pour être un carrefour important du pays. La surprise fut générale, lorsque les humains attaquèrent.

Leur expertise laissa un ravin comparés aux humains qu’ils avaient battus jusqu’alors. Les pertes étaient importantes, et les premiers touchés furent Seigi Yume et ses soldats. Si Fujimi y vit une opportunité, elle y vit aussi le sang, les morts, la boue, les hurlements. Elle qui pouvait voler entre les branches et quelques autres, furent mandés pour récupérer les rares blessés, et principalement le héros de guerre.

Ô, Fujimi le trouva. Mutilé, blessé, et incapable d’être lui-même, sa corne disparue, coupée. Les humains n’étaient pas aussi fragiles que cela, finalement. La harpie chercha à le traîner, tandis qu’elle voyait un à un les Ainokos se faire descendre. Un humain en particulier, était bien plus fort que les autres et se dirigeait vers elle. Masamune chercha à l’en empêcher, il se fit éjecter contre un arbre, retenu par le compagnon de l'humain. Fujimi se retrouva face à un géant au sourire vicieux. Il ne s’intéressa guère au narval, persuadé qu’il était mort sans doute. Mais elle, ô, la tueuse d’enfants, elle, il allait en faire son quatre-heure.

Aussi intense fut son entraînement chez les Kakon, il n’égalait pas la force brute de cette montagne. Elle chercha à lacérer son visage, et se fichant bien de la douleur, il attrapa sa patte pour mieux la fracasser contre les arbres, lui brisant ainsi la colonne. Enfin à terre, il planta sa lame dans sa serre, la coupant à demi. Un coup de pied dans l’estomac, et Fujimi arrêta de hurler. Le visage dans l’eau, son propre sang et les carcasses des défunts, elle fixait son père, puis le corps de Seigi Yume à tour de rôle, incapable de respirer.

La harpie serait la petite expérience de l’homme. Et il commença : « Alors ce serait votre déesse qui vous a crée, hein ?... » Il la blessa de nouveau, elle étouffa un hurlement. Son père lui, serra les mâchoires, en voyant son enfant ainsi, une enfant dont les bras et jambes réapparurent pour tenter une attaque dans la cheville de la montagne. « Dis-le… » Attaque fébrile, il lui brisa le poignet. Elle serra les dents. « Dis-le, qu’on vous a crée, dis-le que ta déesse n’existe pas ! » Et Fujimi écarquilla les yeux. Ô, elle ne le dirait pas, elle ne le dirait pas car ceci était faux, car ceci serait un blasphème. Son silence lui valut un coup en plein visage.

Son estomac remontait dans sa carcasse, et il continuait. Toujours, et encore, répétant le même ordre, la même torture. Il continuait sans relâche entre les hurlements des autres soldats, des autres combattants. Il ne s’arrêtait pas, vengeur, furieux. Mais Fujimi, le visage bouffi et bleui, ne disait mot, sa régénération cellulaire trop lente pour la revigorer. Elle n’était qu’une loque, une loque silencieuse et déterminée à ne jamais trahir. Masamune serra les dents. Il avait envie d’égorger ce fils de chienne qui osait regarder de haut une harpie féroce. « Toujours silencieuse hein… On va voir… Dis-le ! »

Sa main attrapa l’aile clouée au sol de Fujimi. Il l’étendit de toute son envergure, et sa lame se rapprochait de son omoplate, prêt à la trancher. « Vous nous avez crées ! Vous, les hommes, vous nous avez crées ! » A ces mots, les iris de l’homme autant que celles de Fujimi fixèrent Masamune. Il avait dit ces mots, les larmes aux yeux, et les répéta encore, avec une conviction lui arrachant le cœur, avec une détresse terrible : « Taisha n’existe pas ! Vous nous avez crées ! Ne… Ne faites pas ça. »

Fujimi plissa ses iris : son père avait fait l’erreur. Sur le ventre, à demi-consciente, elle le regardait, éperdu qu’il était. Masamune ne voulait pas voir ce spectacle, ces ailes si importantes pour leur espèce, les ailes de la victoire, l’ultime échappatoire, arrachées par un être aussi ignoble. « C’était elle que je voulais entendre, mais merci du spectacle. » gronda l’animal. La douleur fut vive, ignoble, tranchante. Elle sentait ses os se briser tandis que toute son énergie revenait pour seulement s’échapper de sa gorge, un hurlement déchirant, accompagné de celui de son père vieillissant.

Puis tout s’arrêta. Une autre souffrance, celle du manque lui vint aux lèvres, il la retourna : « Et je vais te couper le nez, aussi. » Sa lame commençait son travail, elle ne le termina pas. L’intervention de la chimère se fit à cet instant. Dans le flou, hébétée, noyée par la douleur, Fujimi rampa jusqu’au héros de guerre, prise de cette simple folie de remplir sa mission. Son père la rejoignit, tombant à genoux, tandis que tous deux observaient un loup, avec un serpent en guise de queue protéger les Ainokos. Sa gigantesque patte avait arraché l’humain de Fujimi, et désormais, ils observaient le sacrifice de deux confrères.

Fujimi s’évanouit, le noir calme et doux la happa, son esprit était ailleurs, ses yeux grands ouvers. Les autres Ainokos les rapatrièrent au camp, puis sur l’île. Si certaines de ses blessures se remirent rapidement, d’autres changèrent sa mentalité. Ses iris perdirent cette vitalité, son visage les rares émotions positives qui lui était possible d'afficher. Cette guerre qui nourrissait son ambition, dévora son plus beau trésor ; sa liberté. Fujimi garda toujours de cette bataille, l’odeur du sang.

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Fujimi allait vivre six années en rien semblables à toute sa longue existence. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, elle était dans sa chambre, à Migoto, un vide tiraillant ses entrailles autant que son dos. Elle ne pouvait plus bouger ses jambes et des nausées la prirent sans remords. Souvenirs, douleur, poison, le fer qu’était son âme avait fondu au profit d’une instabilité qui ne s’en irait guère sur l’instant.

Son père la cloîtrait chez elle, et personne ne pouvait lui rendre visite. Fujimi avait la tête posée contre l’encadrement de la porte coulissante menant à un jardin aménagé et fermé. Ses lèvres étaient entrouvertes, telles des portes récemment ouvertes pour laisser échapper son âme. Fujimi était une ombre, habillée d’un simple pantalon de kimono, des bandages recouvrant son corps autant que des bleus son visage. Elle ne daigna pas même prêter attention à son père et Hakyu, rentrés dans la pièce.

Pendant six ans, Fujimi ne voyait rien d’autre que le ciel inatteignable, que le faciès d’un homme haï et le vide invraisemblable qui l’envahit. Les medekiners étaient clairs : si ses autres membres guériront rapidement dans les mois suivants, son aile mettrait des années. L’humain avait fait un boulot exemplaire qui affectait son état mental, celui-là même que personne n’avait réussi à faire flancher.

Mais en attendant, la voilà sous la garde d’Hakyu, asservi désormais sien, des paroles devenues écho sans intérêt. Un garde, un surveillant, une nourrice… Elle en étira un sourire forcé et ironique. On la reléguait au rang d’enfant, Masamune la cachant au monde, pour son propre bien. Il avait été décidé que la chimère ne serait jamais dévoilée, mais comment faire confiance à Fujimi, proie à cette instabilité chronique et ces montagnes russes d’émotions ? Elle se mettrait en danger, à tout dévoiler, et serait tuée. Alors, Masamune décida de la maintenir seule, le temps qu’elle récupéra, en espérant qu’elle retrouva une stabilité psychique réelle. Il fut dit qu’elle souffrait d’une maladie longue et contagieuse, et rien ni personne, exceptés son père, la Grande-Prêtresse de Rika, et Hakyu, n’avaient le droit de la voir.

En premier, il y eut l’odeur de l’hémoglobine, revenant chaque nuit, la réveillant et la faisant hurler. Le bruit de la lame venait caresser son oreille pour l’accompagner. Hakyu était là pour la calmer, là pour la laver, l’écouter, et discuter. Il s’occupait d’elle comme d’une enfant, une enfant apprenant à boiter, et à tomber. Son aile manquante rendait la tâche terriblement difficile, elle ne pouvait rester debout du à son déséquilibre constant. Hakyu devint l’aile manquante, une liberté gardée secrète, un désir dévorant, un grondement sourd.

La Grande-Prêtresse venait la voir, ayant réussi à obtenir ce droit de son paternel. Elle ramenait avec elle des livres, que Fujimi ne lisait jamais. La première année fut toujours ainsi : la harpie n’était qu’une ombre, vide, dévorée, mutilée, amaigrie. Tout était délaissé, tout semblait douloureux, surtout sa régénération. Plus l’aile se développait, plus la souffrance la rongeait. Une douleur fantôme naquit et elle battait parfois de l’aile en pleine nuit.

Masamune faisait aussi acte de présence, plus rarement. Il se sentait toujours terrible et fautif de voir son enfant unique dans cet état, restant dans la peur qu’il soit définitif. A part les visites de sa vieille amie, seul Hakyu restait chaque heure de chaque jour. Leur relation restait la même : maîtresse et asservi, avec un refus étrange de la harpie de sa présence.

C’est à la seconde année, que les terreurs nocturnes se firent moins fréquentes. Elles laissèrent place à une impatience due à son état d’infirme, et à la lenteur de sa régénération. L’impatience devint une colère sourde et brève. Il lui arrivait de jeter des objets, comme de chercher à s’envoler sans succès, mais aussi à lacérer de ses serres les murs. Hakyu réussit, fort heureusement, à éviter les attaques brûlantes et irréfléchies de la harpie féroce.

Les saisons passaient, une à une. Toute cette attente et ces murs rendaient Fujimi plus féroce encore. Une férocité qui, ne trouvant son calme dans la violence, apparut ailleurs. Elle découvrit la discussion d’Hakyu, peu à peu son corps. La harpie ne lui laissa guère le choix, aussi désespérée qu’envieuse, elle se fichait des conséquences. Après tout, la virginité qu’elle tentait de garder pour son partenaire de vie, n’était une obligation pour le mariage, seulement pour son père. Fujimi était persuadée que ses valeurs étaient siennes, elles étaient juste différentes.

Les actions furent répétées, aussi éprouvantes qu’enivrantes. L’odeur du sang disparaissait durant un temps donné, autant que le bruit de la lame. En échange, l’humus de leurs sueurs et leurs respirations mêlées adoucissaient son quotidien. Deux corps entrelacés semblaient cachés aux yeux du monde, particulièrement ceux de Masamune. Cette liaison de pure folie lui fit sortir la tête hors de l’eau. Si émotions il y eut, Fujimi les noyait sous la montagne d’autres sensations détruisant son âme et son cœur. Elle devint peu à peu cette femme n’agissant qu’avec raison, pour éviter les erreurs induites par les émotions.

Une seule erreur fut faite. En l’an 06, Fujimi était redevenue elle-même, ou plutôt la dame que l’on connait aujourd’hui. Son air était inflexible, seuls ses yeux vivaient de férocité et d’expérience, et elle se tenait droite, brandissant ses ailes nouvelles dans les airs. Son premier vol, en six ans de repos, fut une bénédiction. La harpie vit alors l’évolution des choses : Tenkei, Aido et Hayete avaient terriblement grandi, l’île avait évolué, la guerre s’était terminée. Néanmoins, Fujimi se méfiait terriblement des humains, et de leurs capacités à pouvoir blesser les ainokos, car leur fragilité naturelle les rendait vicieux. C'est ici que son désir de protéger ses pairs brula d'une nouvelle flamme ; celle-là même qui l'avait blessé elle. Les esclaves humains ne furent jamais acceptés dans sa maisonnée les premières années.

D’autres surprises vinrent : son fiancé l’avait attendu, et son géniteur lui avait fait un coup dur. Il avait parlé en son nom, et on ne parlait jamais au nom de Fujimi Kakon, ni de Rengu Kokuren. Après la guerre, la famille Jigoku fut éloignée du pouvoir, toutes les familles s’allièrent pour donner cette suite, et Masamune parla au nom de sa fille qui était un peu trop proche de Fukushuu. Ainsi, elle était devenue la femme souhaitant la fin des Jigoku, dont les êtres la débectaient. Fujimi, aussi choquée fut-elle par la vieillesse physique de son père, ne lui pardonna jamais cette faute. « Vous avez commis une grave erreur, car la rancœur et l’ambition mêlées sont le pire mélange qu’il fut donné d'exister. » Si elle ne pouvait démentir, la harpie allait devoir surveiller. Le futur chef des Jigoku était comme elle, sur bien des points. Fukushuu Jigoku était cet individu qu’il ne fallait pas pousser dans un précipice.

La harpie se maria en l’an 06 sans demander son reste. C’est même elle qui accéléra les préparatifs du mariage. Ce changement d’attitude fut connu d’elle seule : la harpie était enceinte de son propre asservi, Hakyu, et elle ne pouvait laisser cet enfant être un asservi, ou même la proie de bien des malheurs dues aux fautes de sa mère. Il devait être un Kakon, et Fujimi pria bien des nuits la déesse Taisha, pour que l’enfant fut une harpie féroce. Quant à Hakyu, malgré cette erreur connue d'elle-seule, elle le garda à son service : ses valeurs de harpie féroce, guère dans le désir de n'avoir qu'un seul partenaire de vie, résidait dans ses possessions. Ce qui était à elle, était à elle, et jamais elle ne délaisserait un de ses asservis, ou ne le revendrait. C'est ainsi que les connaisseurs de la dame, peuvent comprendre que la prise d'un asservi de la part de celle-ci, a été murement réfléchie et nullement faite sur un coup de tête.

Fujimi Kokonoka devint Fujimi Kakon, femme du chef Kakon, et toute la branche des rapaces charognards prirent ce nom. Plus ou moins neuf mois plus tard, elle donna naissance au premier né Kakon, un garçon harpie féroce. Elle ne s’en occupa guère, mais le portait dans son cœur. Fujimi ne semblait avoir un instinct maternel développé, elle voulait la sécurité de l’enfant plus que tout au monde. Pourtant, le prendre dans ses bras n’était pas un réflexe ou une envie. Elle cacha l’identité du véritable père à tous, ne la gardant que pour elle-même. C’était comme ses sentiments naissants, elle les détruisit sans remords pour le bien de cet enfant, et de son majordome. Car nul doute que son mari n’aurait apprécié la vérité. Certainement due à la pression, c’est à ce moment que Fujimi se mit à fumer avec un kiseru.

Pourtant, si les difficultés ternissaient déjà le paysage, elles ne faisaient que commencer, pour la femme Kakon. Car Masamune doutait de Taisha, car son amie Grande-Prêtresse était mourante, car tout allait devoir rester sous son contrôle, désormais, elle se l'était jurée.

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Suite dans le post ci-dessous


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Qui a créé les Ainokos ? : Taisha, notre mère.






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(#) Sujet: Re: Rengu Kokuren (Fujimi Kakon) || Nous ne sommes libres de rien 11.04.16 15:34
Biographie (suite)

Malgré le peu d’années passées après la fin de la guerre, bien des choses avaient changé. Rester enfermée pendant six ans l’avait éloigné de l’île. Fujimi prit bien mal l’arrivée des esclaves humains, elle fut prise de court en voyant toutes ces cultures peu à peu se mélanger. Les chemins boueux devinrent rues pavées, et elle prit pour la première fois une calèche, mode de transport qui la rendit nauséeuse durant bien quelques mois. Voir les mêmes humains qu’elle avait tranchés et qui l’avaient blessée, faisait remonter des souvenirs difficiles. Néanmoins, ce traité et ces échanges commerciaux permirent à la bibliothèque de la Déesse du Savoir de se remplir. Et ainsi à Fujimi d’étudier la culture humaine, particulièrement celle du Taiyotsuki qui l’intriguait.

La Dame Kakon reprit ses devoirs envers Hayete, l’entraînant, se rapprochant d’elle, mais aussi de Tenkei et Aido qui avaient bien grandi. Elle s’éloigna pourtant des assassinats et des interrogatoires. Ses anciennes fonctions amplifiaient l’odeur d’hémoglobine qui ne la quittait jamais. Elle passait donc son temps à former les jeunes, à travailler les langues étrangères, et à observer la politique. Fujimi ne se sentait pas à sa place, dès qu’il s’agissait de tuer autrui, le sourire de cet humain lui revenait en mémoire autant que le bruit de la chair déchirée, que ses propres hurlements.

Et puis, Fujimi avait aussi autre chose dont elle devait s’occuper. Son père vieillissait, et il ne le cachait pas, pour lui donner exemple. Il vieillissait, se courbait, ne pouvait plus voler. Il devint sénile et c’était désormais à elle de cacher ses divagations. Ces dernières auraient pu le tuer, le mener en paria. Mais les rumeurs filaient, car Masamune pensait de plus en plus que les humains avaient raison, depuis la guerre, que Taisha avait été confectionnée par eux. Au début, elle l’empêcha de se rapprocher des jeunes, particulièrement son fils, puis, de tout public possible. Mais Nagato, son mari et chef Kakon, n’était guère dupe. Il fallait faire quelque chose, et si Fujimi ne faisait rien, Nagato le ferait à sa place.

Alors, la harpie observa son père et ses idées pour la dernière fois. Elle aussi, avait été curieuse des ressemblances culturelles dont il lui avait parlé, entre le Taiyotsuki et Migoto. Mais jamais elle n’accepterait qu’il mette à mal la sécurité de tous, avec ses idées bien trop invraisemblables pour les Ainokos. Malgré tout l’amour qu’il lui avait donné, tout l’amour qu’elle éprouvait pour son géniteur, Fujimi le poussa à quitter les Kakon et à devenir un ermite dans la forêt primitive. Cette même année où elle observait le vieillard partir dans les bois, en l’an 10, son amie Grande-Prêtresse de Rika mourut de vieillesse. Leur départ lui laissa une amertume se transformant en conviction : elle protégerait les Ainokos de toutes ses forces, c’était son devoir.

Trop de morts, trop de disparitions. Sa tête la brulait autant que tout le reste, de l’intérieur, de l’extérieur. Fujimi décida donc qu’elle ne tuerait point et qu’elle devait respirer un nouvel air. Quelque chose l’appelait, dans le temple de Taisha, celui-là même qui, lorsqu’elle était enfant, n’était composé que de bois, et bien plus petit. Fujimi ne chercha pas à obtenir l’accord de son mari, elle vivrait d’elle-même, plus personne ne lui mettrait la pression. Elle décida donc qu’elle suivrait les préceptes de Taisha en tant que prêtresse, et suivit donc la formation. La marée mugissante qui restait de son cœur se tut enfin, ne lui laissant que sa raison et un calme aussi effrayant qu’apaisant. Ses confrères et consœurs voyaient son arrivée d’un mauvais œil. Elle était Kodomo no Kira, une Kakon, une main gauche, l’opposé même de Taisha. Pourtant, chacun avait le droit à un renouveau.

Deux ans plus tard, Fujimi Kakon tomba à nouveau enceinte, cette fois-ci de son mari. Si elle n’était certes comme son défunt père, elle restait fidèle à Nagato Kakon par devoir et conviction. Lui pouvait bien aller voir ailleurs, elle ne ferait de même. Elle pouvait aimer autrui, mais jamais elle ne toucha un autre corps que le sien, et ce jusqu’à la mort du chef Kakon.

L’accouchement durant toute une après-midi, toute une soirée. Il la fatigua plus que le précédent, bien qu’il y eut que peu de blessures au contraire du premier né. C’est ainsi que Fujimi donna naissance à deux faux-jumeaux, un garçon et une fille, deux petits corvidés. Nagato fut plus ouvert à l’arrivée de cette progéniture qu’à son premier-né. Il délaissait un peu plus ce dernier, qui ressemblait à sa mère, ayant hérité ses yeux. Mais eux, ils étaient des corvidés.

La harpie féroce ne montra aucun signe d’amour maternel envers eux. Tout comme son premier fils, elle veillait à leur éducation et surtout à leur sécurité de loin. Fujimi leurs apprit la notion de respect et de recul sur les choses, de ne jamais se laisser trop porter par les émotions.

Elle devint prêtresse de Taisha en l’an 15, et mettait bien du sérieux en sa fonction, sans oublier pourtant d’observer sa famille et d’aider les plus jeunes. Elle voyait Tenkei et Aido grandir, évoluer, la naissance de ses propres enfants n’avait pas amélioré leur situation, au contraire. La harpie revint à cette époque où elle s’enroulait dans ses ailes tout en lisant un livre, cette fois-ci humain, à la lumière d’une lampe à huile.

La grande-prêtresse de Taisha de l’époque, porta un peu plus attention envers la jeune Kakon. Les murmures sur cette dernière lui était parvenue, et elle voulut en connaître plus sur cette femme, ancienne soldat et assassin repentie. Fujimi se lia d’amitié, comme dans son enfance, avec sa supérieure. Cette dernière écoutait les problèmes de sa famille qu’elle tentait de régler, mais aussi ses hypothèses sur les ressemblances culturelles entre le Taiyotsuki et Migoto, sur le futur. Elle était à l’écoute de Fujimi.

En l’an 21, Fujimi voit le comportement de Nagato changer. Il parait étrange, irrationnel, tenant des propos invraisemblables sur comment gérer la famille, sur ses futures actions. Cela inquiète Fujimi, car son mari était proie à son propre rang et ses responsabilités. Il perdait la tête. La harpie ne voulait pas de cela pour ses enfants, était-ce même héréditaire ? De même, plus ils grandissaient, plus la dame trouvait qu’ils ne seraient aptes à ce rôle de chef, trop dur, trop lourd.

Fujimi fit en sorte de cacher l’état s’aggravant avec les années de son mari. Elle essayait de le gérer, tout en cherchant une solution pour l’avenir toquant à la porte de ses enfants. Bien qu’il n’y ait d’amour entre Nagato et Fujimi, il y avait du respect et de l’attachement, pendant longtemps de la haine qui se tut avec les ans. Mais ici, la violence irrationnelle de son mari se fit sentir sur sa peau. Dès que Fujimi le contrait, les mains étaient utilisées, elle parait, ne rendait jamais les coups, car une prêtresse de Taisha ne devait pas porter atteinte à un individu, Fujimi croyait dur comme fer en ce principe.

Il lui fallait une solution, au plus vite, car bientôt Nagato s’en prendrait à autrui et ses erreurs mèneraient à des répercussions sans précédent. C’est alors que Fujimi pensa à Tenkei, en tant que cheffe des Kakon, sacrifiée l’une, pour les autres. De même, elle était plus apte au rôle que ses propres enfants, à tenir sous la pression des responsabilités. Ce n’était, à cette époque, qu’une hypothèse possible.

____________________

Encore des disparitions, car plus Fujimi vieillissait, et plus les gens qu’elle fréquentait décédaient. Ce fut le cas de la Grande-Prêtresse de Taisha, en l’an 24. La Kakon était fatiguée, par les évènements, l’état de plus en plus inquiétant de son mari, et son propre âge avancé. Il lui restait comme dernière marque de son passé, Hakyu et sa présence. Il lui rappelait celle de son père, qui lui manquait profondément.

Si le chagrin la prit, elle ne le laissa jamais paraître. Néanmoins, elle fut plus que surprise par le choix des Grands-Prêtres et Grandes-Prêtresses, de la nommer à la tête du temple de Taisha. Pour eux, elle était la pis repentie, et sa prédécesseur parla d’elle à ses collègues, guère de ce qu’elle lui confiait, mais ce qu’elle était. Fujimi Kakon était une femme qui avait vu le sang, et dont les tableaux rouges et âgés, ne faisaient que la guider vers un chemin bâti d’avance.

Néanmoins, il fallait passer le test de Taisha, et de cela, Fujimi n’en était sûre. Elle s’enferma dans la salle du grand autel, dès la nuit tombée. Elle médita, mais plus elle méditait, plus cette odeur d’hémoglobine lui rappelait le passé et la noyait. Du rouge, toujours du rouge, jusqu’à ce qu’elle aperçut une femme dans cet océan purpurin. Et elle était belle, comme la femme d’un autre. Taisha se tenait là, silencieuse, le sourire tendre et sage sur ses lèvres, Fujimi attendit, les muscles tremblants. Elle ne put s’empêcher de prendre la parole, d’un ton fatigué : « Mes mains sont tant couvertes de sang, comment pouvez-vous me choisir, moi qui ait tué, torturé et massacré ? Je ne distingue pas même la couleur de ma propre peau. »

La déesse-mère resta toujours silencieuse, puis elle s’approcha et prit les mains de Fujimi entre les siennes. Ses premiers mots furent beaux, clairs et frais, faisant fuir la lourdeur de l’air, l’humus de fer : « Tu as perdu ce qui est de plus précieux, pour ne jamais trahir ta croyance en moi et mes enfants. Tu as subi la pire des sentences, et tu es restée debout, sans douter. Tu as sacrifié que trop pour les autres. Tu es déterminée à protéger et à avancer malgré les pierres que l’on te jettera, malgré les erreurs, malgré la haine et la folie… Tout cela pour défendre tes semblables. Tu m'as ému. Tu es ce lotus noir parmi tous ceux blancs, qui n’hésitera pas à mourir définitivement, pour accorder aux autres leur renouvellement. Rengu Kokuren, tu es et seras ma voix, ma fille, comme mon fils. »

Pour la première fois de son existence, Rengu Kokuren versa des larmes. Taisha lui apprit alors la chimère, son devoir, et son pouvoir, l'hermaphrodisme, qui lui permettrait d'être en accord avec chaque temple. A l’aurore, elle disparut, emportant avec elle cette odeur qui la hantait. Le sang n’emplissait plus les narines de Rengu Kokuren, et la lame ne caressa plus son oreille. Rengu ressortit changée en homme, avec comme seul pilier de sa vie l’idée de protéger les enfants de Taisha, et la religion de la Déesse-Mère, contre leur gré, s’il le fallait.

Si elle vécut ensuite au temple en tant que Grande-Prêtresse de Taisha, Rengu Kokuren vint souvent à la demeure Kakon pour connaître l’état précaire de son mari. Nagato n’était plus lui-même, il délirait et ordonnait des choses abracadabrantes, des erreurs terribles. C’est alors que Rengu prit la décision de rendre visite à Tenkei Kakon. Elle lui parla de sa proposition, elle l’encouragea, des mots qui n’étaient mensonges, mais cachaient une autre fin : Tenkei était faite pour être cheffe des Kakon… Et elle serait celle qui en subirait les conséquences, non ses enfants. Rengu sacrifiait cette fille qui n’avait rien demandé, pour le bien de sa propre progéniture. Rengu ne regretta pas, car ses émotions étaient dans un coffre scellé à double-tour, car Tenkei était la femme de la situation, car elle espérait, en soit, qu'elle ne se fit jamais dévorer par son rang comme son père avant elle.

Son mari fit l’erreur de vouloir tuer Aido Kakon, en l’an 36. La harpie chercha à l’en empêcher coûte que coûte, cela aurait été une grave erreur, elle le pressentait. Durant une nuit, elle l’écoutait déblatérer sur le châtiment qu’il allait infliger à son propre enfant, pour mieux la gifler lorsque Rengu voulut le remettre à sa place. « Si tu veux le tuer, tue-le bien… Car le cas contraire, tu feras face à un retour de flammes des plus virulents, Nagato… Et je ne serais pas là pour t’aider. » Ce furent les derniers véritables mots de Rengu, qui lui étaient adressés. Elle repartit jusqu’au temple, et le lendemain, Aido fut présumé mort.

Un an plus tard, les plus fervents servants de Nagato étaient tués par le fils qu’il souhaitait assassiner. Rengu n’aimait pas la situation, chaque meurtre empirait l’état psychique de Nagato, et rapprochait Aido de ses enfants. Car il aurait pu les tuer, et Rengu voyait deux fous en plein massacre. Le corvidé ressemblait que trop à son père, la Grande-Prêtresse en était persuadée.

D’un commun accord, Tenkei prit la décision de prendre le pouvoir. Nagato mourut, et Rengu devint la veuve Kakon. Elle ne versa pas une larme et freina les désirs de certains de s’opposer à Tenkei. Lorsque Tenkei voulut prendre comme conseillère Hayete, Rengu appuya ce choix : la nouvelle cheffe Kakon avait besoin de franchise et d’un recul sur les choses que parfois, elle ne possédait pas, trop en proie aux sentiments. Hayete pouvait freiner certaines de ces actions. Si Rengu prit part à ce complot, rien ne fut dévoilé. Elle avait participé au meurtre de son mari pour le bien du plus grand nombre.

Malgré son acte indirect, Rengu Kokuren obligea son premier né à laisser le soin des funérailles à Tenkei Kakon. La raison officielle qu’elle donna à cette dernière et ceux mis dans la confidence, fut pour que Tenkei assaille son autorité. La raison officieuse : Nagato Kakon avait été un grand homme, et elle ne lui ferait pas l’affront de laisser un fils qui n’était en réalité pas le sien, conduire les funérailles. Depuis lors, les rapports avec ses propres enfants furent assez tendus.

La même année, Rengu Kokuren eut une liaison avec Hayete Kakon. Son mari décédé, elles mettaient en place quelques petites choses, dont la surveillance du frère d’Aido par Hayete. Rengu craignait que la folie du père se retrouvât chez le fils, et Aido lui avait donné une preuve tangible. De cette conversation, on en vint à la perte d’ailes d’Hayete, mais aussi à comment cette dernière l’avait entraperçu malade lors de sa convalescence. Rengu comprenait la perte de la capacité de voler, seulement elle avait pu régénérer cette aile. Le rapprochement se faisant, elle y mit fin un mois plus tard, sans rien lui dire, repartant au temple de Taisha. Rengu ne dit rien de plus, et ne parla jamais de ce qui se passa ce mois là, ni même de la raison de sa décision.

En l’an 43, la Shogun Saizen Yukihime monte au pouvoir du Taiyotsuki, cette nouvelle surprit Rengu, et un mauvais pressentiment l’assaillit. Un pays où seuls les hommes gouvernent, et une femme fait son entrée. Honoka Kaijuu a fait la même, elle est de nature puissante et bien intelligente. Si Saizen Yukihime est de la même trempe, de quoi d’autre était-elle capable ? Rengu avait suffisamment étudié la culture du pays pour sentir que quelque chose n’allait pas, et il fallait découvrir quoi.

Il y a deux ans de cela, Rengu Kokuren se réveilla, plus âgée, l’âge la prenait avec comme preuve la mèche blanche dans ses cheveux. Hakyu la cacha dans des fils faisant une natte, et Rengu y vit le signe de son prochain décès. Depuis, chaque matin, la dame se laisse touchée par Hakyu, afin qu’il masque les possibles preuves de sa vieillesse naissante. Pour qu’on ne la dise pas sénile lorsqu’elle parlera, pour qu’on ne la croit ni fragile, ni faible, pour qu'elle resta le soutien et la harpie féroce.

Et voilà que maintenant, en l’an 50, des criminels s’échappent des mines, les massacres se font par les jumeaux Meiroo. Pourtant, personne ne semble les attraper, ni eux ni les autres fuyards. Rengu Kokuren voit la sécurité des Ainokos mise à rude épreuve, pis encore, voilà qu’au mois de Kage, ils commettent l’irréparable en se transformant en chimère. Ayant assisté au spectacle, Rengu vit les dieux agir… Mais qu’en est-il pour la suite ? Si les Ainokos sont trop occupés par les soucis intérieurs, que feront les pays humains ? Que feront-ils en connaissant la vérité sur les deux batailles de Xiao Lin et Gargobergo ? Le secret de la Chimère était dévoilé, des morts avaient été faits autant que des blessés. Rengu craignait la suite : si deux fous, malgré le châtiment de Kage, pouvaient créer la Chimère pour de mauvaises raisons, d’autres fous le feraient. Une débâcle totale, si elle n’était gérée comme il le fallait, amènerait des soucis plus grands encore. Et Rengu n’avait pas foi en la majorité des chefs des sept grandes familles, ils étaient trop jeunes, ne connaissaient la guerre, les pertes, et l’expérience, la boue comme la décadence… Il fallait pourtant attendre leur décision.

Rengu Kokuren pinça l’arête de son nez entre deux doigts, les sourcils froncés, les jambes croisées sur sa chaise de bois. Hakyu se tenait derrière, toujours au courant, toujours présent. Ses paroles furent déclamées pour elle et son propre majordome, fatiguées, plates et pourtant tenaces : « Nous avons besoin d’un mouvement. »






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(#) Sujet: Re: Rengu Kokuren (Fujimi Kakon) || Nous ne sommes libres de rien 11.04.16 18:01
*rampe jusqu'à la sortie* J'ai fini TT Pardon pour les fautes, j'en ai faits c'est sûr, j'ai essayé de les corriger le plus possible éè




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(#) Sujet: Re: Rengu Kokuren (Fujimi Kakon) || Nous ne sommes libres de rien 13.04.16 14:38
Magnifique fiche, j'ai moi aussi vraiment adoré lire la tienne ! I love you I love you I love you I love you


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(#) Sujet: Re: Rengu Kokuren (Fujimi Kakon) || Nous ne sommes libres de rien 16.04.16 13:44
Pardon du long temps d'attente : mais j'ai enfin fini de tout lire et recouper pour être certain de ne pas laisser des incohérences Wink
Et tout étant correct, me voilà pour te valider Very Happy

(Pour le lien avec Takamori, je t'envoi un MP dés que possible ^^)

Fiche Validée

"C'est partit pour le Grand Voyage ! Découvrons Migoto tous ensemble !"

Félicitation !
Ton personnage est validé, nous te souhaitons bienvenue sur Migoto no Shima et espérons que tu t’amuseras bien parmi nous !

Afin de commencer à jouer sur de bonnes bases, nous t'invitons à aller recenser ton avatar afin d’éviter de potentiels conflits quant aux images/personnages pour les nouveaux arrivants.
Nous te demanderons aussi d'aller Recenser tes dons ainsi que Recenser ta race si tu es Ainoko. De plus, peu importe ton groupe, si tu peux aller recenser ton Métier cela serait pratique.

A tout cela, s'ajoute le fait d'éditer ton Profil. Tu remarqueras qu'il y a de nombreuses informations à y entrer. Les langues que parlent ton personnage, tes autres comptes si tu en as, tes périodes d'absence, l'âge et autres petites informations utiles rapidement aux joueurs, et qui concernent ton personnage !
Merci d'avance en tout cas, de prendre le temps de remplir tout ça. Même si, je le sais, ça fait un peu beaucoup   ...

Sache que tu peux aussi réaliser une fiche de suivi RP/Relations ! Pour ce faire, il te suffit de te rendre dans ce forum-ci.
Nous avons aussi les Dépôts de Missives pour les rps de type "épistolaires". Le lien de sa boîte est à mettre dans son profil soit dit au passage ^^
A noter que les modèles proposés de codage ne sont pas obligatoires, si tu veux faire autrement : tu peux -_^

Pour te lancer en rp, tu peux consulter ou faire ta propre demande de rp dans le forum mis à ta disposition pour cela !
Tu pourras aussi y faire verrouiller tes topics clos, et trouver le code nécessaire si tu désires proposer des prédéfinis à l'administration.

N'hésite pas à contacter le Staff par MP si tu as un problème ou une question.


Le staff te souhaite la bienvenue!
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(#) Sujet: Re: Rengu Kokuren (Fujimi Kakon) || Nous ne sommes libres de rien 16.04.16 14:35
Super merci Maître Very Happy Et t'en fais pas je comprends tout à fait, j'ai hâte d'avoir ce mp ! Est-ce que tu pourrais, si cela ne te dérange pas, pour plus d'organisation, juste si possible déplacer le second post de biographie vers le haut pour que ça se suive ? éè Je crois ça inclue de supprimer les messages de bienvenue, et je remercie encore ces derniers, mais ainsi ce sera un peu plus "rangé" éè
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(#) Sujet: Re: Rengu Kokuren (Fujimi Kakon) || Nous ne sommes libres de rien 16.04.16 14:46
En effet, j'ai du delete les messages pour ça : sorry les gens T_T
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