Mystic Aria - Crescendo of lotus bloom
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(#) Sujet: Mystic Aria - Crescendo of lotus bloom 13.08.16 15:16
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Soraya Ishaïna Powhatan

Informations
Année de Naissance : An 27 (23 ans)
Genre : ♀ demoiselle
Nationalité : Îles Esmeralda
Statut : Inexistante
Métier : Assistante auprès d'une druidesse/divinatrice mais pas de métier propre


Psychologie & Physionomie


Ô ma fille, élances toi,
Fais virevolter ta robe de soie.
Élève dans le ciel ta douce voix
Et colore le monde du bout de tes doigts.

Marque le sol au rythme de tes pas.
Enchante les âmes, tout autour de toi.
Que la lumière naisse de cette aria
Ô donne moi la vie, Soraya !

« Approche toi ma fille, et laisse moi t'admirer un peu. Tourne-toi, juste comme cela. Ô divine Djamena regardez moi cet ange. Tes longs cheveux d'ébène où les rêvent des hommes s'échouent, déposant sur le rivage des trésors immenses, tu les as hérité de ta mère; et ton teint hâlé, où se reflète le soleil et ces prunelles céruléennes où se perdent les regards, de ton père. Je reconnais bien ici l'héritière de clan Powhatan, la plus belle fille de notre île. Mais si tout n'était qu'héritage mon enfant ! La divine Djamena t'a offert tout ce que la nature même peut t'envier. Ton corps est taillé dans le cristal, façonné par le forgeron des cieux. Combien d'hommes se sont perdus sur les courbes de cette fabuleuse statue ? Tu es belle à en faire perdre la tête. Ne me regarde pas ainsi, ne sois pas gênée, n'essaie pas de me tromper. Tu es consciente du potentiel sans limite de ton corps. N'oublie pas que je te connais par cœur, et que tu ne peux me duper. Mais retourne plutôt danser ma fille.

Tu as ce don, ce don d'user son corps comme d'un outil de sublimation. Lorsque tu te mets en mouvement, personne ne peut t’ignorer, les rumeurs se taisent, les regards se tournent. La scène devient tienne et la piste ton terrain de jeu. Tes membres qui s'accordent, au rythme de la mélodie et ton corps qui se meut dans son intégralité, comme guidé par un fil invisible. Tu sembles marionnette, dirigée par les mains de notre déesse. Elle te manipule, laissant à ton être le potentiel d'exprimer toute sa grâce, sa douceur et sa finesse. Un petit tour, un pas sur le côté, un mouvement de bras ample, et ton spectacle devient harmonie.

Tu es une femme sereine, cela se voit à ta façon d'agir. Tes pas sont toujours calculés et posés au bon endroit. Ton visage est calme, un sourire ornant tes lèvres fines. Inébranlable ? Je ne crois pas, juste mystérieuse. Il se dégage de ta personne, ma chère fille, une aura fabuleuse, qui pousse à l'admiration. Tu n'es pas comme les autres, à parler pour ne rien dire sans arrêt ou à t'amuser dans le vent de ta jeunesse. Tes paroles sont mûrement réfléchies, et tu n'aimes point user de ta voix inutilement. Tu préfères rester un peu en retrait, cachée dans l'ombre des convives, puis apparaitre au bon moment, pour poser le mot qu'il faut. Seraient-ce tes origines nobles qui guident tes actions à ces instants ? Tu possèdes cette brume qui t’entoure, et qui t’accompagne à chacun de tes voyages. La brume de l’inconnu, qui fascine autant qu’elle ne repousse, tel le danger qui guette dans l’ombre des hommes. Les hommes se confient facilement à toi, et tu perces leurs défenses  sans grandes épreuves. Méfiance est de mise lorsque tu entre en scène, ma fille, je n’aimerais point qu’il ne t’arrive du mal. Ta beauté est une arme, comme une tentation…

Tiens, la brise se lève, je crois que le temps se rafraichit. Tes cheveux flottent lentement dans le vent, et tu fermes les yeux. Tu sembles apaisée, tu aimes ce vent. Le vent qui voyage, parcourt le monde d’un bout à l’autre sans jamais cesser de souffler. Tu inspires à chacun de ses passages ce sentiment de liberté et le laisse envahir ton âme. Cette même brise qui porte bateaux et marins miséricordieux à travers la tempête, te donne l’énergie de suivre ce sentier qui est le tien. Le sentier d’une liberté insoumise, d’un mon de sans chaines, ni responsabilités. Tu es cette femme rêveuse, qui aimerait refaire le monde à sa façon, et te libérer des carcans qui te sont imposés. Fuirais-tu ton passé Soraya ? Cette enfance luxueuse et bercés de mensonges et d’absences ? Ou bien cherches-tu juste à gouter aux fruits de l’existence, à vivre sans regretter aucun de tes actes. Tu profites et jouis de chaque instant que la vie daigne t’offrir, car tu sais à quel point une vie est fragile. Tu te souviens de ta sœur, Aldnéah et de sa tragique disparition.  

Ne te perds pas dans l’écho de ma voix ma fille, n’aies point peur. Je t’accompagne toujours, ma main reste proche de la tienne. Tu ne crains rien, tu peux te confier à moi mon enfant. Regarde, les ombres s’en vont lorsque je parle. Tu vois cette lumière ? Continue de danser. Tant qu’elle t’éclaire, personne ne peut lire en toi, ni te faire du mal, cela signifie que Djamena t’accompagne. Tu cherches à te protéger, je le sens bien. Cette lourde carapace qui t’encercle comme des murailles d’airain te garde au chaud, dans ton petit monde délicat. Ceux qui parviennent comme moi à briser cet écrin de velours te rendent inoffensive. Tu n’es pas invulnérable,  il suffit de peu pour te faire plier genoux, mais cependant beaucoup pour te faire cracher ton dernier souffle. Ton cœur est fragile, même si tu n’en as pas conscience. Alors tu te défends à ta manière face à ce monde qui ne souhaite pas t’entendre. Personne ne peut posséder ta confiance, ni même ton amour. Tu ne te fies qu’à toi-même, et ne suis que ton instinct. De temps à autre, tu adresses une prière à la divine Djamena, lorsque le chemin s’assombrit, mais rarement tu n’acceptes les mains tendues par les autres. Tes problèmes, tu les règles seule,  tu n’as besoin de personne. Les autres, ce ne sont pour toi que des passants, des personnalités aussi différentes soient-elles que tu ne croiseras qu’une seule fois dans ta vie. Tu t’attaches peu au final, comme si tu allais toujours repartir. C’est triste au fond, car jamais tu ne connais le bonheur d’être entourée d’amis ou d’une famille. Et tu n’as jamais cru à l’amour. Ce sentiment ridicule te donne envie de rire.  Pourquoi s’asservir pour un autre ? Tu préfères de loin les compagnies d’une nuit, et tu fuis ceux dont les projets sont bien trop fondés. Est-ce cependant important ? Pas pour toi, tu n’as que faire de la communauté, des ensembles et des groupes, tu veux être seule, unique, libre.

Que caches-tu dans ta poche ma fille ? Encore ces petits filet de soie que tu dissimules dans tes poches ? User de tels artefacts pour commettre des actes répréhensibles, cela ne fait pas partie de mon enseignement. Je ne peux malheureusement rien te concéder, et te réprimer m’est impossible lorsque je découvre tes prunelles attristées. Tu aimes jouer avec le feu, et parfois même te brûler. Tu laisse les braises glisser sur ta peau satinée, et griser ton corps à vie. Des cicatrices invisibles, dissimulées en toi, qui te rongent de l’intérieur lorsqu’elles éclatent au grand jour. Cesse de flirter avec les ennuis, tes ailes sont fragiles, et tes plumes peuvent à tout moment  se noircir. Tu n’es pas influençable, mais tu te laisses facilement entrainer dans les méandres des vices. Tu voues à la contradiction une telle passion, que tu te pousses parfois à franchir tes limites, à accepter l’inacceptable. Tu fascines les autres Soraya, mais lorsque l’on te fascine, tu deviens esclave. Je suppose que tu dois gagner ton pain, avec l’argent que tu amasses, en prédisant aux autres un avenir brumeux. Tu lis dans les cartes et dans les lignes de la main, comme je te l’ai appris. Djamena use de ton corps pour transmettre sa magie, et des messages. Tu donnes aux hommes le fil de leur vie, et parfois entre en contact avec les disparus. Tu n’es pas un charlatan, n’écoutes pas ces impies qui te le répètent, ton pouvoir est réel et tu dois en user avec sagesse et équité, comme tu l’as toujours fais.

J’ai confiance en toi ma fille, n’oublies pas mes leçons et tâche de toujours suivre le chemin que je t’ai tracé. L’esprit de la grande Djamena guide tes pas Soraya. Ouvre ton cœur et inspire sa foi. »



Biographie

    « Mon enfant, Mahshra est fière de toi. Comme tu as grandi, comme tu es belle ! De là où je suis, je t'observe vivre jour après jour, cette vie que je t'ai offerte. Je dompte pour toi les ombres, maudit les mauvais hommes. Je te guide à travers ce monde de chaos et de désordre. Que j'aimerais pouvoir caresser ton visage, ma fille...  
     
   Les moments que nous avons vécus ensemble ne s'effaceront jamais de ma mémoire, peu importe l'âge que je prendrais au fil des printemps. Je me souviens, aussi loin que mon esprit me laisse me souvenir, de tes petites mains qui serraient les miennes. Tes premiers pas, accrochée à ma robe de chiffon. Tu marchais tout prêt de moi, anxieuse à l'idée de trébucher sur une pierre ou une racine. Je me souviens de ton visage, de tes sourires, de tes rires, de tes larmes, de tes cris. De ton visage déformé par la joie et la douleur. Et de ta voix. Cette voix unique, merveilleuse, enchanteresse, que je ne pouvais me lasser d'écouter. Tu es tout pour moi, Soraya. Tu l'as toujours été.

Ton histoire commence une petite matinée d’Arano, alors que le soleil colore le ciel d’une teinte rosée magnifique. Tu ouvres les yeux, bouges tes petites mains en balbutiant, et fait naitre de grands sourires sur le visage de tes parents. Ils sont  heureux, et leurs prunelles s‘illuminent d’amour envers ce petit être tout juste humain. Ton père embrasse ton front, et ta mère verse des larmes de joie. Une jeune fille, lâchant la main de ton paternel, viens caresser ta joue. Toi, je suppose que tu es heureuse, je ne parviens pas vraiment à savoir. Tu ne pleures pas, tu es calme, toute calme. Tu es posée contre la poitrine de celle qui t’a mis au monde, et tu t’endors paisiblement, pour ton tout premier sommeil en compagnie de tes proches.

Tu grandis vite jeune fille, tu marches depuis peu déjà. Ou plutôt tu cours. Car oui Soraya, chaque fois que mon regard se porte sur toi, je te vois traverser les pièces du manoir à grande vitesse, filant comme une bourrasque en ligne droite, te cognant parfois même aux obstacles qui parsèment ta route. Les bleus se multiplient sur ton visage autant que les sourires. Mais tu n’en as que faire, tu continues de gambader à toute allure. Quand tu ne t’amuses pas à caracoler dans tous les sens, ou à jouer avec ta sœur Aldnéah, tu es assises, attentives aux leçons données par tes instituteurs. Choisis spécialement par tes parents pour leur grande renommé, ils t’enseignent les bases d’une éducation solide. Matières théoriques, pratiques et civiques rythment ta journée dès ton plus jeune âge. Je constate également la venue régulière d’une femme dans ta future demeure. Elle semble devoir s’occuper de toi. Elle prépare tes repas, se charge de ton linge, et veille sur ta santé, à la place de tes parents sollicités un peu partout dans le monde. Elle est douce, et te raconte de petites histoires que tu adores écouter.

Le temps passe vite dis-moi, tandis que ton esprit et ton caractère se développe, et que ton corps se transforme, mes vieux os s’endolorissent. Quel âge peux-tu bien avoir ? Tu es grande, vêtue de tenues splendides. Je crois qu’elles proviennent de tes parents, qui te les font parvenir au fil de leur voyage. Tu cours beaucoup mois, le jardin se sent terriblement vide sans tes cris de joie et le bruissement de l’herbe craquant sous tes pas. Tu es bien plus à l’intérieure, enfermée, à écouter des heures durant des professeurs. Tu apprends une panoplie de choses, souvent inutiles à mon gout. Tu l’as très bien compris. Ta vie est d’ors et déjà tracée à l’encre rouge. Je te surprends parfois, à poser la tête contre la vitre, et à perdre ton regard dans le jardin. Depuis le départ d’Aldnéah, tu te sens un peu seul dans cette grande bâtisse. Tu n’adresses plus aucun mot à ta nourrice, et tes enseignants te désespèrent les uns après les autres. Les cartes envoyées par tes parents ne t’intéressent même plus. Que se passe-t-il dans ton esprit jeune fille ? Chaque jour qui passe, tes prunelles scrutent la pelouse de ton jardin. Elles détaillent les fleurs aux couleurs flamboyantes, les roches grisâtres parsemant la terre, l’onde claire de la mare où pataugent les carpes, puis cette clôture de bois, pointue comme des lames, et ensuite ces troncs au loin, leurs feuillages verdoyants, les oiseaux qui volent entre les branches. Elle semble si belle la forêt, au-delà de la barrière. Le chant des oiseaux y paraît plus agréables, la nature plus réelle, le parfum plus authentique.  Je te vois, jours après jours, te poser la question. Tu voudrais poser ton pied en son sein n’est ce pas ? Après les cours, tu t’approches de la porte de ta demeure, et risque à parcourir de tes doigts l’air libre de l’autre côté. Il semble plus frais non ou bien ne serait-ce qu’une simple impression ? Tu jettes un œil derrière toi, personne ne te vois. Tu ne crains rien ma fille, viens. Entre dans ma forêt. Tu hésites encore un peu ? Voyons mon enfant, tu ne devrais pas. Cette nature, elle t’écoute, elle t’appelle. Tu regardes à nouveau dans ton dos, prends une grande inspiration et ouvre la porte devant toi.

La forêt t’accueille en elle, te laisse naviguer sous son manteau de feuillage. Elle t’accompagne, par une brise délicate, un couple d’hirondelle. Tu te déchausses et pose tes pieds nus sur ce tapis verdoyant. Une sensation de frais t’envahit immédiatement. Tu sembles entrer en communion avec la nature, ma nature. Tu avances à pas feutré, comme évitant de déranger cette harmonie sereine. Tu te sens à la fois étrangère et invitée. Un sentiment particulier, qui ne te déplait point. Ton pouls est calme, tes yeux grands ouverts. Et tu t’engouffres dans ma demeure.

Tes doigts caressent l’écorce des arbres et la mousse qui les recouvre. Il fait en ces lieux bien plus doux. La chaleur extérieure semble absorbée par les grands arbres qui t’entourent. Tu aperçois soudainement quelque chose d’étrange. Une chose qui jamais ne pourrait en temps normal se trouver à cet endroit. Une chaumière, modeste, en bois sombre. Elle n’est ni trop grande, ni trop petite. Elle semble à deux étages, et je lis dans tes prunelles les questions  qui taraudent ton esprit. Cette chaumière, c’est la mienne. Entre ma petite, pousse la porte, n’aies crainte. Monte les marches jusqu’à l’étage, ne renverse pas mes livres et mes affaires qui trainent sur mo, établis. Tes pieds font grincer le plancher, et ton cœur s’accélère au fil de ta montée. Enfin, le perron. Tu penches la tête, et enfin, tes yeux se posent sur moi. Je suis assise, me balançant lentement dans ma chaise en acajou. Je t’observe du coin de l’œil. Tu t’approches, et m’apostrophes « Hum… Madame ? ». Ta magnifique voix, quel bonheur de pouvoir l’entendre d’aussi près. Je te réponds « Appelle-moi Mahshra.». Tu ne dis d’abord mots, et préfèrent me scruter sous tous les angles. Je te comprends, j’aurais fais de même en ta position. Tu décides de me parler à nouveau, comme mue d’une curiosité nouvelle.

- Mahshra… vous habitez ici, au milieu de la forêt ? Et pourquoi, pourquoi avais-je si envie d’entrer chez vous ? Qui êtes-vous ?
- Je suis à la fois tout le monde et personne, je ne suis qu’un esprit en cette forêt. Je vis loin des tiens, car ils ne sont pas aptes à me comprendre. Comme toi, personne ne te comprend. Mais je sais ce que tu vies, et c’est pourquoi je t’ai choisi. Je t’ai guidé ici, pour t’amener à moi. J’ai beaucoup de choses à t’apprendre ma fille.
- Mais enfin… je ne comprends pas, pourquoi ? Qu’est ce qui me prouve votre bonne foi ?
- Rien ne le prouve. Seule ton âme peut juger de ma véracité. Crois en toi, et tu sauras.
- Mais… je suis perdue dans vos paroles. Qui êtes-vous à la fin ?
- Tutoies moi Soraya, je suis celle dont tu possèdes un trait si particulier. Tes yeux, sont les miens. Tu es mon enfant, ma petite fille.
- Votre petite-fille ? Vous voulez dire que…
- Oui. Mais ne parle pas à ta mère de ma présence ici, elle ne m’apprécie point.
- Mais pourquoi ? Tu lui as fait une chose en particulier ?
- Non, au contraire. Elle m’en veut à juste raison, et je ferais ce qui est en mon pouvoir pour me racheter, et ne pas commettre les mêmes erreurs. Enfin ma fille, je suis heureuse de pouvoir toucher tes joues, caresser tes cheveux…

Tu cesses de parler, je sens ton cœur qui m’accepte doucement. Ta méfiance disparait lorsque tu plonges ton regard dans mon visage. Il te ressemble n’est-ce pas ? Tu restes un peu, boit un peu de thé, préparé en prévoyance de ton arrivée. Tu me parles, me racontes des histoires que je connais déjà. J’ai l’impression de t’entendre répéter mes souvenirs, et tes souvenirs. Mais je feins de réagir naturellement à tes dires, et argumentes à la suite de chacun d’entre eux. Mes gestes sont chaleureux, et mes paroles sont sages. Mais le temps passe vite, et bientôt je te rappelle à l’ordre. Tu dois rentrer, avant que les gens ne s’inquiètent de ton absence. Tu m’écoutes, non sans rechigner, et retournes sur tes pas. Tu m’adresses depuis l’extérieur un grand geste de la main, et repars la tête emplies d’idées fabuleuses. Ma fille, je suis fière de toi, je vais pouvoir enfin t’avoir auprès de moi. Je te vois marcher, la tête perdu entre mes mots, et te diriger vers ta demeure. La nuit est tombée, tes parents sont inquiets. Tu leur fais croire à une simple promenade, et pourtant, tu sais au fond de toi que c’est bien plus encore. Tu montes les marches menant vers ta chambre et t’enfermes. La douce couverture te réchauffe les épaules, et tu laisses ton esprit vagabonder. Tu réfléchis beaucoup, mais cette intrigue qui te noue les organes semble te travailler suffisamment. Morphée a raison de toi, mais tes rêves fantastiques enchantent mon âme.

Le jour se lève sur un nouveau jour, tandis que toi, dès l’aurore, tu foules le sol de ma forêt. Les arbres s’écartent devant tes pas, comme pour te guider vers ta destination. Comme si les branches pointaient du doigt la bonne direction, comme si les oiseaux volaient vers la bonne position. Tu retrouves mon lieu de vie, et entre. Ta curiosité continue d’actionner tes pas. Tu te hisses à l’étage, où déjà je m’active devant un chaudron.

- Ma fille, tu es donc de retour ?

- Expliquez-moi…
- Que veux-tu savoir ? Je puis répondre à toutes tes questions mon enfant.
- Je veux tout savoir, comprendre ce monde qui m’entoure, comprendre pourquoi vous vivez ici, qui vous êtes pour moi, ce que vous faites…
- Je ne puis t’apprendre toutes ces choses en une seule leçon, tu en conviens n’est ce pas ?
- J'en conviens bien... comment pouvons-nous faire ?
- Rend-moi visite tous les jours, et chaque journée sera pour toi l’occasion d’apprendre une chose en particulier. Tu devras te montrer patiente, et apprivoiser cette verdoyante et luxuriante forêt qui entoure ma demeure.
- La forêt ?
- La forêt est une création de la Déesse, Djamena la divine. Elle t’a guidé en ces lieux pour que ton destin se réalise. Tu es vouée à de grandes choses ma faille, mais pas à servir le royaume de tes parents.
- Djamena et mon destin ?
- Oui mon enfant, mais permets moi de t’expliquer cela autour d’une tasse de thé…»  

Nous parlons beaucoup, à l’identique de la veille. Tu hésites un peu moins, tes phrases sont plus claires. Tu retiens quelques gestes, verrouille par moment tes lèvres, tant la timidité qui enserre ton être te dévore. Mais je ne t’en veux pas, tu n’es pas prête. Il te faudra bien du temps encore...
Les jours s'enchainent à nouveau, j'ai l'impression que le temps désormais s'accélèrent. Au fil des nuits qui passent, je t'apprends de nouvelles connaissances, qu'aucun autre professeur que moi ne peut te révéler. Je te fais découvrir les secrets de la nature, des être qui peuplent les forêts. Je t'apprends à bien voyager à travers elle, à comprendre et interpréter les signes de la déesse, s'exprimant pas la naissance d'une fleur ou la mort d'une abeille. Le temps qui file noircit tes cheveux et creuse ta taille. Tes hanches se métamorphose et tes jambes s'élancent. Tu deviens jeune femme à présent, et ta beauté fulgurante ne rend plus personne insensible à te présence. Les regards se tournent vers toi lorsque tu marches, et de jeunes hommes t'accostent par moment. Mais tu es sage ma fille, tu prends garde, tu te méfies. En suivant mes enseignements, tu veilles à ne point te laisser manipuler et renvoies les individus trop désireux.
Ta foi envers Djamena grandit. Tu comprends que cette déesse est la seule en laquelle tu dois croire. Tu n'en parles pas aux autres, qui préfèrent s'agenouiller devant des idoles stupides, souillant leur âme d'un lourd péché. Mais il ne faut pas leur en vouloir, quelqu'un doit leur ouvrir les yeux.

Puis vient ce jour. Tes pas à travers la forêt font pleurer les esprits. Tu sanglotes, tu sembles dévastée par une nouvelle tout juste annoncée. Tu te réfugies dans ma demeure, espérant trouver en ma présence un réconfort que tes parents ne peuvent t'offrir sur le moment. Je te prends dans mes bras, caressant tendrement tes cheveux de cendre. Je te berce avec douceur, chantonnant une mélodie enfantine, visant à apaiser ton cœur serré.

- Ma fille, dis moi. Dis moi ce qui te chagrines, ce qui te rend malheureuse. Dis moi ton malheur que je puisse t'aider à aller mieux.
- Mes parents sont rentrés plus tôt aujourd'hui...

Je te laisse un petit moment, je ne veux point te brusquer. Je patiente, caressant doucement ta tête, et essuyant tes larmes du bout de mes doigts. Je te voyais si grande, mas tu es encore toute petite. Je ne peux que mieux comprendre ta réaction. Ce genre d'évènement reste nouveau pour toi, tu ne l'avais jamais vécu auparavant. Même si je connais déjà l'origine de tes tourments, je préfère te laisser mettre des mots dessus.

- Aldnéah... elle ne rentrera pas à la maison... elle est... elle est...morte

Ce mot résonne comme un fracas dans toute ma demeure, et des frissons te parcourent la nuque. Un croassement funeste s'échappe depuis la forêt et à nouveau, tu fonds en larmes. Je compatis ma fille, je connais cette douleur si particulière qui enserre l'âme et la torture depuis l'intérieur. Tes yeux papillonnent lentement, tu t'apprêtes à parler. Ta voix est un peu plus calme.

- Ce qui m'attriste le plus... c'est que je ne sais même pas comment elle est morte. Mes parents refusent de me donner plus de détails. Je... pourquoi ?
- Ma fille, tu dois comprendre que tes parents te protègent. S'ils ne te disent rien de plus, alors ne cherche pas. La curiosité mon enfant est un fardeau qui n'apporte que la douleur et la haine.
- Mais puisque je te dis que ne rien savoir me fait trop de mal ! Je peux m'imaginer tout et n'importe quoi, sans jamais pouvoir valider une seule de mes hypothèses. Dans ce cas tout est possible, même la pire et la plus ignoble des morts. Tu ne peux pas me conseiller de rester dans l'ignorance !
- Tu ne comprends pas. La vérité est pire encore que le mensonge. Je te le répète encore une fois, tu ne dois pas chercher à savoir.
- Mais enfin, je croyais que tu m'aiderais, pourquoi t'obstines tu à me contredire ! Je suis vraiment stupide d'avoir cru qu'une étrangère pourrait m'aider à me consoler !

Tu cries ces derniers mots, puis te lèves. Sans attendre, tu dévales les escaliers, les yeux embués de larmes et t'enfuis à travers la forêt vers ta maison. Moi, je soupire, blessée par tes mots et le sentiment de culpabilité qui me ronge. Mais je n'avais pas le choix que de te mettre en garde. Ce que tu trouveras te fera du mal. J'attendrai ton retour dans ce cas, et je resterai dans l'ombre, comme toujours. Le lendemain tu ne reviens pas. Tu restes une bonne partie de la matinée, allongée dans ton lit, cachée sous les draps de velours. Tu réfléchis, ou du moins, penses réfléchir. Et pour la première depuis notre rencontre, tu prends la décision de me désobéir. Tu attends le départ de tes parents, cloitrée dans ta chambre et patiente silencieusement. Puis lorsqu’enfin le soleil atteint sa plus haute place dans le ciel, tu te décides à déambuler dans la maison. Tu marches dans les couloirs, ne sachant pas vraiment où chercher, mais tu es résignée à trouver des informations. Tu n’aimes pas les mystères, et tu comptes bien donner des réponses à tes questions. Tu finis par pénétrer dans le bureau de ton père. Tu t’assois sur le siège paternel, toisant du regard l’ensemble de la salle. Ton doigt fin glisse sur le marbre du bureau. Non, rien de ce côté. Tu dévale la pente du meuble, et entrouvre chacun des tiroirs. Rien, toujours rien, quand soudain une enveloppe mystérieuse t’alarme. Tu la récupère, l’entrouvre, et déplie la lettre cachée en son sein. Ce que tu lis t’intrigue au plus haut point. Il s’agit d’un rapport, dénué de tout sentiment. Vide à cause d’une objectivité complète. Deux trois mots de condoléances, et une phrase fatidique : « Le cadavre de votre fille a été retrouvé ce matin, nous vous adressons nos plus sincères condoléances. ». Tu découvres une seconde lettre, plus récente, qui cette fois porte un cachet d’une grande institution. Tu n’aurais jamais du al lire ma fille, jamais. Tes yeux se couvrent de larmes, ton cœur se resserre. L’atrocité des propos te dégoutent, malgré leur caractère cru et sans détour. Une description. Mais pas n’importe laquelle non, celle des derniers instants de ta sœur, par le biais d’un médecin. Tu prends conscience de l’horreur dans laquelle ta sœur s’éteignit. Prise de nausée, tu ranges les lettres avec précipitation et te jettes à l’extérieur, pour cracher tes trippes. Tu regrettes désormais. J’avais raison, et tu avais tort. Tu aurais du m’écouter. D’ailleurs, tu te fais la réflexion de ne jamais plus me désobéir, repensant à notre discussion de la veille. Lorsque le gout amer se dissipe, tu arpentes à nouveau le chemin qui te sépare de moi. Je suis si heureuse, te reviens enfin, quelle agonie ce fut que de t’attendre à nouveau. Ton visage est cependant baissé, fermé, n’exprimant comme émotion que la douleur de la perte d’un être aimé. Tu apparais sur le palier, et tu viens te loger dans mes bras.      

- Ma fille, le monde est parfois empli d’injustice qu’il te faudra surmonter. Djamena t’accompagne dans cette épreuve, et moi aussi. Tu n’es pas seule.

Les larmes qui ruissellent le long de tes joues valent mieux que le plus long des silences. Tu sanglotes, et me demande pardon.

- Ma fille, je t’accorderai toujours mon pardon…

Ton visage esquisse un petit sourire, et tu comprends, à cet instant, que je serais toujours là pour toi.

Nous passons la soirée à discuter, comme nous en avons l’habitude. Je t’apprends de nouvelles connaissances, dont le moyen d’honorer ta défunte sœur. Je débute avec toi l’apprentissage du langage des fleurs et des plantes en général. Mais le temps passe vite, et tu dois déjà rentrer à la maison. En partant, tu me fais à nouveau ce petit signe de la main que j’apprécie tant observer, et tu retournes dans ta demeure, l’esprit apaisé. Le soir même, tes parents t’offrent le collier, reçu la journée même, qui appartenait à ta défunte sœur. Plus jamais il ne quitta ta nuque.
Encore et toujours, ce long fil invisible qu’est le temps, guidés par les mouvements d’aiguille de Djamena la divine se déroule. Le long parchemin de ta vie se forme au fil des jours, s’arborant de couleurs ou de sombres nuances selon les évènements que tu vis. Tu reviens me visiter de façon journalière, prenant le temps d’écouter mes enseignements, toujours avec cette passion dévorante qui te caractérise. Je t’initie aux arts de la divination, de l’herboristerie, de la création d’ongues,  de parfums, je t’éduque à l’observation de la nature, des étoiles, des signes que Djamena nous transmets à travers le monde qui nous entoure et enfin, je t’apprends la parole de la divine, et la manière de réaliser son adoration. En quelques sortes, je te transmets tout ce que je sais, sans détours, sans intermédiaire. Si bien que bientôt, je ne sais plus rien que tu ne sais pas. Le jour de tes dix-huit ans, tes parents te réservent une surprise, ils rentreront plus tôt. A peine ferment-ils la porte derrière eux que tu t’évades vers la forêt.

Tu ressens depuis ce matin une sensation étrange, une nostalgie paradoxale, alors que ce jour devrait être pour toi merveilleux. Tu t’approches de la maison et montes lentement les marches. Je suis à l’étage, t’attendait sur ma vieille chaise à bascule. Je me lève, te salue, t’embrasse sur le front, et t’invite à boire le thé. Nous parlons, fantasmons sur cette vie qui s’ouvre à toi. Tu me décris tes rêves de voyage, tes espoirs quant à l’avenir, et me racontes cette vie que tu imagines vivre. Pendant que nous discutons, nous marchons à travers la forêt. Nous découvrons et redécouvrons cette nature omniprésente. De temps à autre je t’interroge, te demandant le nom d’une plante, d’un animal, te posant des questions aléatoires. Et tu réponds toujours juste, sans jamais hésiter. Nous nous baladons longtemps, profitant de cette journée comme si c’était la dernière, parlant, riant, toujours dans cette joie commutative dont toi seule possède le secret. Enfin, nous approchons de la clairière. Les arbres se font plus grands, le ciel plus sombre. Le vaste feuillage cache les rayons du soleil et dissimule l’éclat du jour. Je me retourne, te contemples dans toute ta beauté, et une larme glisse le long de ma joue.

- Ma fille, je t’ai tout appris. Je t’ai élevé du mieux que j’ai pu, sans faire de tort à tes parents, et aujourd’hui, le temps est venu de se dire au revoir.

Ton visage se crispe. Tu restes calme, car tu avais compris depuis le début que je m’en irais. Tes prunelles s’abaissent, tu retiens tes larmes. Tu n’arrives toujours pas à te faire à l’idée. Je te souris, te prends dans mes bras, caressant tes longs cheveux d’ébènes. Je fais un pas en arrière, et t’adresse un visage de tendresse et de bienveillance.

- Va, Soraya ! Grandis dans ce monde que Djamena t’a laissé. Ne vis que pour ton bonheur, et veille à ne plus jamais être triste. Et n’oublies pas, que je serais toujours là pour guider tes pas et veiller sur toi.

Je recule lentement, tourne les talons et avance un peu. Lorsque je me tourne à nouveau vers toi, je t’aperçois je faire des signes, me dire au revoir de tes mains, et sur tes lèvres je peux lire ce mot qui sonne si doux auprès de mon vieil être.

- Merci… merci beaucoup Mahshra.

Un dernier signe, un dernier sourire, un dernier adieu et je disparais dans la clairière profonde. Tu n’es pas triste, au contraire, tu te sens heureuse. Tu touches à ce que les hommes appellent « bonheur » à cet instant. Tu fais marche arrière, quitte la clairière et rentres chez toi, d’un pas lent mais décidé. Ta vraie vie débute là où se termine la mienne sur cette Terre, à toi désormais de mettre à profit mes enseignements.

***

       Malgré l’étau qui resserre ton cœur, tu vis dans l’amour sans limites  de tes parents, et la douce chaleur de ton foyer. Ton corps change encore, se sublime. Ses traits s’affinent toujours plus, se perfectionnent, suivant un modèle inconnu, mais qui jour après jour gagne en beauté. Tes cheveux de charbons, que tu ne coupes que lors de rares occasions, sont devenus si long, qu’ils dépassent tes épaules, et entourent tes omoplates. Tu les noues avec soin, veillant à les recouvrir suffisamment de crèmes, et de mixtures de ta propre réalisation. Ils sont dignes de la chevelure d’une princesse ma fille. Mais si seulement ta magnificence ne se réduisait pas qu’à tes cheveux, il serait si simple de te décrire. Tout ce que je peux dire, c’est ta popularité s’accroit. Les hommes te dévorent du regard lorsqu’ils croisent ta route, tes amies se pavanent à tes côtés. Sans mentir, tu es à mes yeux, et aux yeux de beaucoup d’autres, la plus belle des femmes, puisque je dois te nommer ainsi désormais, de cette île. Cette attirance magnifique qui s’échappe de toi aurait pu tant te servir, s’il n’avait pas causé ta perte.

Un matin, alors que le ciel se pare tout juste des premières couleurs de l’aurore, un bateau arrime au port. Un navire immense, dans un matériau ressemblant étrangement à du bois, mais dont la teinte si étrangère rappelle une origine exotique. Des hommes, lourdement équipés, descendent sur la plage. Ils s’installent, construisent un camp sur la rive. Au départ, les habitants, doués d’une curiosité accrue pour les étrangers, s’interrogent. Puis ton père, le chef administratif de l’île, mais aussi l’émissaire du clan Powhatan, décide de leur rendre visite, afin de faire preuve d’une bienveillante hospitalité. Grave erreur. Ces hommes n’étaient pas de simples étrangers, ils  ne comptaient pas rester. Ton père est mal reçu, blessé même, et se doit de retourner au village, le visage grave, les mains tremblantes. Il parle de menaces,  de représailles, et convoque le grand conseil. Les étrangers, intrus à notre communauté, désirent en réalité s’emparer des ressources. Alors ils ordonnèrent à ton père de les laisser paisiblement arracher à notre Terre ce qu’elle avait produit. En cas de refus,  les hommes s’armeront, et réduiront en cendre notre belle région.

Tu t’offusques, face à de telles horreurs. Tu ne veux point accepter de telles conditions. Comment des hommes osent-ils bafouer l’honneur de votre clan ? Honteusement outragée, tu t’entretiens avec ton père, mais celui-ci ne t’écoutes pas. La vie de milliers d’habitants est en jeu, il ne peut se permettre de mauvais choix. Tu ne le comprends pas, mais je ne te peux te blâmer. Tu n’es pas assez expérimentée dans le domaine des décisions. Blessée, votre discussion s’envenime. Sauf que tu ne peux convaincre un convaincu, et fuis en hurlant vers la forêt, laissant ton géniteur, penaud et désolé. Tu coures, espérant retrouver la sérénité de la nature, mais le spectacle qui s’offre à toi t’horrifie. La vaste et luxuriante clairière d’autrefois n,’est plus rien. Tout est fané, mort, grisâtre. Le paysage verdoyant s’est transformé en en affreux tableau de désolation. Le chêne centenaire s’est effondré, la maison où j’habitais moisit dangereusement. Plus rien de reposant dans ce monde qui abrita ton enfance. Effondrée, tu t’en remets à Djamena, espérant obtenir d’elle des réponses. A tes pieds, tu prends conscience de l’existence d’une petite fleur, dont la ridicule couleur de ses pétales contraste avec le teint mat des alentours. Tu la cueilles,  et l’observe dépérir lentement. Un à un ses pétales tombent, jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un unique ornement, d’un rose pur comme l’aurore. Tu jettes la fleur au sol, et fais demi-tour, comprenant que ta ville est en danger. Trop tard, de la fumée s’échappe déjà au dessus des bois morts. Des cris retentissent, et des hurlements sauvages leur répondent. Plus tu t’approches de ta demeure, plus les bruits s’accentuent, et plus le ciel se rougit. Tu arrives après l’incident. Un incendie embrase ta demeure, et toutes les voisines sur une longue distance. Les gens courent se réfugier vers la montagne, alors tu les suis, ôtant tes chaussures pour filer à toute allure sur le sable des routes. Beaucoup te reconnaissent, et te somment d’accélérer ta course.  Tu remarques d’ailleurs que peu de femmes constituent ce cortège de fuyants. Tu gardes l’allure, espérant rejoindre tes parents pour prendre connaissances de la situation. Tu gravis la pente, menant vers les hauteurs, et aperçois ton père, qui coordonne la mise en sécurité des habitants. Tu t’approches de lui, inquiète. Il te remarque, et te fais des grands gestes, t’ordonne de suivre la foule sans trainer. Tu refuses de l’écouter, et poursuis ton chemin. Il ne cesse pourtant de t’indiquer de ne pas rester près de lui, de t’éloigner au plus vite. Tu te demandes pourquoi ma fille, tu es indécise devant tant d’insistance. Djamena t’envoie un signal ; ton pied écrase une azalée rougeoyante.  Tu lèves la tête, et constates dans les yeux de ton père une détresse jamais vue auparavant, quand une voix animale signe la fin de ta paisible existence.

- En voilà une autre, attrapez-la !

Ils se jettent sur toi, comme des vautours sur leur proie, prêts à te dévorer tout entier juste à cause de ta beauté. Mais tu ne te laisses pas faire, tes membres s’animant d’une fureur combattive, décidée à ne pas te laisser piéger par des brutes désireuses. Tu t’agites, t’évertues comme une bête à repousser tes assaillants. Ils te lient les poignets, mais ton ardeur redouble ; tu te déchaines comme une bête sauvage prise dans les mailles du filet. Impossible de te maitriser, tu fais preuve de trop de vivacité. Tes ongles se plantent dans la peau des ravisseurs, tes hurlements leur scient les tympans. Tous les coups sont permis pour survivre, plus encore lorsque ceux qui veulent ta mort ne sont que des criminels. Ton père essaie de venir à ton secours, mais un coup de masse assommante écarte de toi tout espoir de survie. Alors tu donnes tout ce qui est en ton pouvoir dans un dernier assaut. Spectaculaire, tu sembles possédée par un esprit malin incontrôlable. Soudain, du tissu vient bâillonner le bas de ton visage, et en à peine quelques secondes, tes prunelles roulent et tu bascules en arrière, vulnérable.

***

Tes paupières papillonnent lentement, essayant tant bien que mal de s’habituer à l’obscurité quasi-totale des lieux. Il fait trop sombre pour que tu puisses distinguer une forme évoluer aux alentours.  Seule une brise légère souffle au sol, et soulève les plis de ta robe, désormais en lambeaux. Cependant, un son résonne à travers la pièce où tu sembles te trouver. Formé de différentes voies, s’activant ensemble ou séparément, le bruit aguiche ton intérêt. Il est semblable à une respiration, à plusieurs expirations et inspirations disséminées autour de toi. Tu tombes à la renverse, le sol au dessous de toi vient de bouger. Où es-tu ? Tu deviens attentives, et un roulement régulier, mêlé à un grincement à peine perceptible se font audibles. Un bateau ? Tu n’as que très peu voyagé en bateau, alors pourquoi te trouves-tu supposément enfermé ?

Des mouvements t’interpellent, d’autres personnes partagent ta détention. Personne n’ose parler, encore sonné par les récents évènements. Avec difficultés, tu te relèves en prenant appui sur tes mains. Tu perçois les lignes de la pièce ; aucune entrée de lumière. Soudain, un bruit suspect te tire de tes analyses. Un claquement, comme des mains frappant contre le bois des murs. Ta tête se tourne vers la source du bruit, pour distinguer un homme. Tu ne parviens pas à détailler ses traits, mais sa carrure et son absence de peur te forcent à penser qu’il n’est pas prisonnier comme vous. Tu t’approches lentement et l’intercepte dans son avancée.

- Vous... vous êtes notre garde je suppose ?
- Non, je ne suis que de passage

Sa réponse te laisse circonspecte. Quel genre de garde peut répondre ainsi ?

- De passage, alors que vos collègues ont capturé des centaines de filles innocentes au seul nom de la barbarie ? Je n'en crois mots.
- Eux oui, moi non je n'ai pas quitté ce navire.
- Alors que faites-vous ici dans ce cas si vous n’êtes pas l’un de nos ravisseurs ?
- Je voyage...simplement.
- Vous voyagez... à bord d'un navire qui abrite des femmes kidnappée au nom seul de la barbarie ? Bateau de plaisance fort incommode si je puis me permettre...
- Bon écoutez, ce qui m'importe c'est mon voyage, je n'en ai rien à faire de ce que ce navire transporte ni pourquoi, donc arrêtez un peu toutes ces questions si j'avais voulu vous tuer vous ne serez déjà plus là.
- J’essaie juste de comprendre, parce que je ne sais pas où je suis, et vous êtes la seule personne étrangère à mon village dans cette pièce. Si vous n’avez pas l’intention de me faire du mal, ni je ne sais quoi de pire encore, peut-être accepteriez-vous de m’indiquer comment sortir d’ici ?
- Il suffit de me suivre... Mais vous savez ce que cela signifie.
- Évidemment, vous suivre demandera un sacrifice ?
- Tout dépend du point de vue...
- Et c'est-à-dire ?

L’homme s’approche lentement de ta personne, te poussant à te mettre sur tes gardes, qui sait ce qu’il s’apprête à te faire.

- Tu es à moi !

Incapable de répondre, tu te recentre sur toi-même. La situation est délicate, et moi-même je ne saurais quelle décision prendre. Le temps est compté, des pas audibles depuis les escaliers te font comprendre que quelqu’un approche. Le rythme de sa marche t’indique qu’il ne vient pas en ami. Un garde fait irruption dans la cale, cette fois aucun doute ne subsiste. Il porte une armure, et une dague orne sa ceinture de cuir. Son visage fermé et cicatrisé témoigne une colère et une haine effrayante, ne reste pas près de lui ma fille !
Trop tard, en te voyant debout, alors que tu devrais être assise, il réagit sur le qui vive.  

- Toi là, retourne t'asseoir avec les autres, et tout de suite !

Tu sursautes presque face à la voix rauque et mortelle de l’homme, mais il est peut-être ta chance de comprendre ce qui t’arrive.

- S’il vous plait, dites-nous au moins où nous sommes, et où vous nous emmenez !

Son visage se rougit et il avance, menaçant vers toi. D’une force effroyable, sa main vient percuter ton visage, et tu es repoussée contre le mur, la mâchoire certes douloureuse, mais heureusement intacte. Tu as eus de la chance, et tu ne sais pas si un second coup de sa part sera sans danger pour toi.

- Qui t'a autorisé à parler esclave ?

L’étranger saisit le bras du garde sans ménagement, et t’adresses un visage calme.

- Vous êtes en pleine mer, direction la ville de Migoto no Shima

Il se retourne vers l’homme, et le relâche.

- Tu lui dois au moins cela ! Bon sur ce, je m'en vais, merci de m'avoir transporté

Il se dirige vers la porte, décidé à partir. Dans ton esprit, tout prend forme. Tu te doutes bien que tu finiras esclave en restant ici, et ce n’est pas la destinée que tu as choisis. Toi qui rêve si ardemment de liberté et de voyages, d’inconnu et d’aventures, tu dois agir. La violence de l’homme, ou la possibilité d’une échappatoire ? Après tout, rien ne t’empêche de partir avec l’homme et de le tuer par la suite, ou bien de l’endormir et de le jeter à la mer, car donner la mort n’est pas une chose que tu apprécies. Les secondes filent, ne perds pas ton temps ma fille. Tu prends une grosse inspiration, comme à chaque instant où ta vie se situe à un croisement décisif. Tu ne sais pas si ce sera le bon choix, mais il te semble bien plus crédible et viable. Alors, une dernière prière à Djamena, et tu retiens celui qui s’apprêtait à partir.

- Un instant, je suis avec vous

Un long soupir déserte les lèvres de l’homme qui lève les yeux aux cieux, et se contente de marcher vers l’extérieur. Tu le suis, et à peine hors de la cale, une puissante bourrasque vient décoiffer tes cheveux de charbons. Tu respires à plein poumons, l’air libre qui te manquait déjà. Comme c’est agréable, de sentir sa poitrine se soulever ainsi. Mais pas le temps de t’attarder, celui qui sera ton guide s’approche d’une barque de secours. Personne ne vous observe, trop occupés à leur tâche. Tu n’es pas tranquille, tes soupçons sont en alerte. Serait-ce si simple de quitter un bateau d’esclave ? Qui plus est sous le nez de tes ravisseurs ? Tu n’oses pas parler, et viens t’asseoir là où il te l’indique. L’embarcadère hors de son point d’attache entre en dérive, et quelques coups de rames suffisent déjà à vous éloigner du navire. Tu ne décompresses pas, tu n’es pas à l’aise. Tout te semble étrangement facile, et l’homme ne fait rien pour arranger la situation. Son regard mort et son visage morne te repoussent. Tu es anxieuse jeune fille, alors tu ne peux te retenir d’engager la conversation, pour essayer de briser la glace, faire cesser cette atmosphère pesante insupportable.

- Où m’emmenez-vous ?  
- Je vais en ville, après un moment, en quelle année sommes-nous?
- Nous sommes en l'an quarante-neuf actuellement.
- Oui oui... et quand à eu lieu la grande guerre?

Quelle surprise ! Pourquoi cet étranger te parle de cet évènement si célèbre ? Comment pouvait-il avoir oublié une date aussi importante, enseignée et serinée lors de l’apprentissage. Toi qui n’aime pour rien au monde l’histoire, tu te souviens pourtant de cette date. Mais quelle utilité d’aborder un tel sujet désormais ? Et maintenant que tu y repenses, tu te demandes pourquoi à l’instant, la question te fut posée sur une année, et non un jour, un mois, une saison.

- L'an zéro, du moins si ma mémoire ne me fait pas défaut. Pourquoi cette question ? Vous venez d'où exactement ?
- Hm d'accord... et ça s'appelle l'an zéro à cause de ?

Encore une question qui te sidères. Décidément, l’homme n’est pas d’ici. Il n’est pas comme toi, et ses traits te semblent à l’opposé des tiens. Son corps semble abîmé, rouillée. Ses mouvements de bras son vigoureux, mais imparfaits. Comme si malgré sa jeunesse, l’homme avait usé encore et encore de ses articulations. Soraya, qui est cet homme ? Tes doutes ressurgissent, tu te mets sur tes gardes. La réflexion est presque immédiate, tu réponds avec un irréprochable tact, sans attendre.

- La guerre marqua un changement drastique dans la vie de tous les ainokos, si bien que la volonté de faire table rase et de partir de zéro se fit ressentir. C'est un moyen de tourner la page je présume... mais pourquoi me posez-vous ces questions ? Vous devez l'avoir appris comme moi non ?
- Oui, juste que... je n'étais plus trop sur.
- Vous semblez pourtant jeune, et tout le monde sait ce genre de chose en général... permettez moi de vous reposer la question, d'où venez-vous ?
- A dire vrai, je viens d'une île pas loin, on ne m'a pas appris grand chose c'est tout.
- Je viens aussi des îles, mais je ne connais que peu les autres îles voisines à la mienne.

Tu repenses à ton île, qui se situe tu ne sais où désormais par rapport à ta position. Autour de toi, tout n’est qu’étendue d’eau jusqu’à l’horizon. Ce spectacle te fascine autant qu’il ne t’inquiète. Toi qui jamais ne pris la mère, tu navigues aujourd’hui à la hauteur des flots.

- Où allons-nous désormais ?

Tu n’obtiens aucune réponse, l’homme ne partage pas ton envie de parler un peu. Il ne semble pas sous l’embarras du silence, tandis que toi, tu te rongerais les ongles tant l’atmosphère est pesante. Tu t’accroches aux lèvres de ton hôte et patientes éternellement chacune de ses réponses.

- Je ne sais pas du tout.

Tu acquiesces d’un dodelinement de la tête, et tes yeux se déposent sur le voile de la surface. Ton regard se perd un peu à travers le grand bleu. Honnêtement, je crois comprendre ma fille que ce paysage te fascine, je sens ton apaisement par sa contemplation. Tu fermes les yeux un instant, te laissant bercer par le rythme des vagues, si bien que le temps passe, ta somnolence te fais perdre la notion du temps, et tandis que tu ouvres les yeux, tu aperçois que le soleil n’est plus à la même place dans la voute céleste. La ligne au loin se déforme, et une immense masse surgit de l’eau. Tu pointes du doigt l’îlot, et l’étranger se retourne brièvement. Vous allez accoster sous peu. Déjà tu poses pied à terre et tu foules le sable fin de la plage. Derrière toi, l’homme installe le navire sur la côte et l’attache à des arbres au tronc large. Il soupire à nouveau et pénètre dans le forêt, désireux d’avancer et de rejoindre au plus vite l’autre partie de cette île. Tu le suis encore, ne sachant quoi vraiment faire d’autre. Il est ton guide pour l’instant. Mais la tension est toujours aussi pesante, alors tu poses ta main sur la lame volée au garde. Avais-je omis de le préciser ? Tandis qu’il te repoussait, tu lui avais subtilisé son arme, te disant qu’à tout moment elle te serait utile. Au vu de la situation, et ne connaissant pas les intentions de l’étranger, tu devais te préparer à toute éventualité. A force de marcher sans connaitre ta destination, tes nerfs se tendent, tes épaules te sont douloureuses. Et toujours cet homme qui reste muet, cela t’agaces au plus haut point.

- Cette île, elle ne me dit rien qui vaille, où allez-vous, qui êtes vous, j'en ai assez de ne pas avoir de réponses à mes questions ! Répondez-moi je vous en prie, que je puisse une bonne fois pour toute comprendre ce qui m'arrive depuis le début de cette mésaventure
- Cette île me semble très bien, je suis un simple voyageur, je t'ai répondu, maintenant je te rappelle juste que tu es à moi, donc que si je te dis d'avancer tu avances compris?

Tu saisis la violence des paroles, tu t’es fais remettre à ta place. Ma fille, si seulement tu avais conscience de la situation dans laquelle tu évolues, tu ne serais pas en train de réfléchir, de ressasser ses dires pour tenter de lui répondre. Tu devrais garder ta langue, où tu le regretteras à nouveau. Que cherches-tu à provoquer en lui si ce n’est sa colère ? Trop tard, les hostilités sont lancées.

- Vous n'êtes pas épuisé de marcher ?
- Non
- Vous semblez débarquer d’un monde inconnu, vous ne vous épuisez pas malgré les heures de marche et de rame pour vous, décidément je ne comprends pas, et après un instant tu ajoutes sous la colère, humainement parlant, c’est impossible de tenir si longtemps.
- Je ne suis pas humain !

Le ton monte ma fille, ce n’est plus le moment pour les enfantillages. Arrêtes-toi avant qu’il ne soit trop tard.

- Ah oui ? Si vous n'êtes pas humain vous êtes quoi au juste ? Un ainoko ? Impossible.
- Pourquoi impossible? J’étais sur le bateau avec ces hommes, sans être prisonnier pour quelle raison à ton avis?
- De nombreux hommes peuvent eux-aussi, attirés et corrompus par le désir de la richesse, devenir esclavagiste pour autrui.
- Qu'es ce qui te pose problème en fait?
- Vos mystères, vos secrets. Je suis censée vous suivre sans même savoir qui vous êtes !
- Je n'ai rien à te dire, alors maintenant tu vas gentiment avancer et te taire.
- Rien à me dire ? Alors je n'avancerai pas plus.

Tu en fais à ta tête jeune femme, et tu ne te rends pas compte que tes actes insupportent l’étranger. Bien que tu sois dans ton droit de demander des informations, tu oublies que tu ne sais rien de lui, qu’il est dangereux, et que tu as passé un pacte avec lui. Je t’avais pourtant dit de faire attention, passer un pacte avec le diable n’est jamais sans conséquence. Je ne peux alors qu’assister, désemparée à la situation qui dégénère. L’homme se retourne brusquement et te saisis par le col, te plaquant contre la roche de la montagne en hurlant d’assumer tes choix. Tu lâches un cri de douleur, et tu sens ton sang pulser dans tes veines. L’adrénaline monte, la tension avec elle. Tes muscles déjà aux aguets, tes sens déjà à l’affut, tu ne te vois même pas réagir. Ton bras, dans un mouvement rapide, saisis la lame et se jette sur le corps de ton agresseur. Il vise à ta place, et touche le torse, peut-être le cœur ? Un râle de douleur et de colère te brise les tympans, l’étranger blessé recule et te relâche, tandis que tes yeux de braise le fixe avec anxiété. Le sang s’écoule de sa blessure comme un ruisseau, cela donne la nausée, tu préfères détourner le regard, mais une force mystérieuse concentre ton attention sur la mort de l’homme. Insoutenable, des larmes perlent sur tes joues. Que viens-tu de faire ? Tu as tué un homme Soraya ! Tu paniques, lâche l’arme et te précipites à son chevet. Il est à terre, le souffle coupé, le visage marqué par la souffrance, les yeux vides.

- Par Djamena la divine, qu’ais-je fais ?

Tes mains se plaquent à tes joues, ton cœur battant la chamade. Et tu restes assise, immobile, faisant de ton mieux pour reprendre tes esprits et retrouver ta lucidité. Alors que tu sombres dans le désespoir, un mouvement tout proche de toi te sort de tes songes. Tu te contorsionnes et découvre, abasourdie, que les yeux de l’homme se sont rouverts. Tu observes sa poitrine animée du souffle vitale, imberbe de toute cicatrice malgré ton effroyable geste. En ton toi intérieur, tu appelles à l’aide, scandant mon nom, perdue face à l’incompréhension. Tu as peur, à la fois tiraillée entre ton crime et la chance qui semble t’avoir souri. Plus de plaie, plus de mort ? Ton esprit rejette la lucidité, tu plongerais presque dans un rêve à moitié éveillé.  

- Vous...vous êtes en vie ?

La voix de l’homme est faible, presque inaudible. Tu te sens coupable, si bien que tu n’oses pas plus poser sur lui tes yeux. Tu es responsable de son état. Mais il te répond, il est en vie !

- Oui.
- Je suis sincèrement désolé, je ne pensais pas ...
- Écoute, je te force pas à rester, si t'en est venue à me tuer c'est que tu vis pour quelque chose qui en vaut la peine, je respecte ceux qui on un but si fort. Alors pars, prends le bateau si tu veux.

Tu ne sais que dire. A nouveau deux chemins que tout opposent s’offrent à toi. Tu pourrais partir, courir sans te retourner et fuir cet homme, retourner à la liberté à laquelle tu aspires. Mais Djamena la déesse ne pourrait tolérer ton crime, si tu ne le rachetais pas. Moi, je te regarde, et je me dis que je ne devrais pas te donner mon avis. Tu es grande ma fille, et je n’ai pas le droit de contrôler tes pas. Agis, et choisis en cet instant la vie qui te semble la plus juste. Liberté au prix du crime, ou justice au prix de l’enchainement ? Tes lèvres s’entrouvrent, et ton destin se scelle.

- Je ne sais où aller, ni me diriger sur l'eau. Prendre la mer, c'est prendre le risque de me noyer. Je ne sais même pas où nous sommes... actuellement, hors de mes terres je ne suis plus rien ni personne, alors je vis parce que je ne veux pas mourir.

L’étranger ramassa le couteau en se relevant et se remit en route, comme si rien ne s’était produit. Avant d’aller droit vers l’inconnu, il t’adresse un sourire et un regard chaleureux.

- Si t'es quelqu'un, t'es mon esclave.

Tu soupires profondément, il est temps d’assumer tes actes ma fille.

- Je...si vous voulez toujours de moi je vous suis...
- Je suis fatigué, je vais trouver un abri pour la nuit.

Tu constates que l’homme a tourné la page, ou bien qu’il simule l’oubli mais peu importe, il ne semble pas trop t’en vouloir. Ce qui te pousse à encore te demander qui peut bien être cette personne étrange que tu n’arrives pas à cerner. Tu t’avances un peu, silencieusement, et pose une main sur le tronc d’un arbre

- Puisque désormais je vais devoir vous suivre, pourrais-je obtenir au moins votre prénom ?
- Taikutsu, et toi?
- Moi, c'est Soraya...

L’homme pointe du doigt une vieille croix en bois, portant des inscriptions effacées à moitié par le temps. « Migoto no Shima », un nom qui sonne en toi comme une douce mélodie. Puis il exprime quelques mots de satisfaction.

- Il me semble que c,'est une très grande ville, je me demande comment ce sera une fois sur place.

Et vous repartez, lui en avant, et toi retraçant le sillon laissé par ses pas. Tu ne sais pas vraiment dans quoi ton cœur t’a poussé, mais tu es loin de te douter que ton arrivée dans cette ville marquera un tournant dans ta vie. Tant d’aventures patiente ta venue. Je suis heureuse d’avoir pu te suivre jusqu’ici, et je me demande si à l’avenir, les choses seront ainsi pour toi. Courage ma fille, même si parfois le présent te semblera morne et dénué de sens, il te faudra l’accepter, et vivre toujours dans la couleur que tu donneras au vent. Colore le monde ma fille, et vis l’existence que Djamena t’a accordée. »

Ô que ta vie soit mélodie,
Fleuve riche d'aventures bénies.
Qu'à tes pieds poussent les lotus fleuris,
Qui feront de toi la princesse de minuit...


[24 | 01 | 2017 : Je viens de poster la fin, il ne me reste plus qu'une dernière grande relecture au cas où et ce sera bon ♥ Enfin terminée, j'espère que ma fiche vous plaira ♪]



Informations IRL

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(#) Sujet: Re: Mystic Aria - Crescendo of lotus bloom 13.08.16 16:53
Bienvenue a toi petit bout d`humain, on fera en sorte que ton sejour parmi nous soit intense^^


Spoiler:
 


La vérité est plus terrifiante encore , si tu cherches en profondeur.
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(#) Sujet: Re: Mystic Aria - Crescendo of lotus bloom 13.08.16 19:00
Bienvenue gente demoiselle.
J'espère que tu t'amuseras bien sûr Migoto.

Si tu as des questions, le staff reste à ta disposition <3
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Wilhelm "Erwin" Rosenthal
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(#) Sujet: Re: Mystic Aria - Crescendo of lotus bloom 13.08.16 20:12
Coucou,

Je te souhaite la bienvenue sur le forum ^^
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(#) Sujet: Re: Mystic Aria - Crescendo of lotus bloom 13.08.16 20:13
Bienvenue jeune damoiselle
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(#) Sujet: Re: Mystic Aria - Crescendo of lotus bloom 13.08.16 21:12
Bienvenue très chère !! :3
Bon courage pour ta fiche o/


Ainoko Asservi(e)
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(#) Sujet: Re: Mystic Aria - Crescendo of lotus bloom 13.08.16 23:54
Bienvenue belle demoiselle <3

*mouvement de cheveux l'oréal* T'as de beaux yeux tu sais ? /paf/

*sors*

Une fiche qui promet j'ai hâte de voir la suite !





Svein montre les crocs en #142546.

Merci à Idriss et Ahmes pour les avatars !
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Svein Lothbrok
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(#) Sujet: Re: Mystic Aria - Crescendo of lotus bloom 16.08.16 0:14
Bonsoir et merci à tous pour vos petits messages d’accueil adorable ♥
Alors je vais prendre le temps de vous répondre à tous tranquillement ♪

Habane : Merci, j'espère aussi que mon séjour sera intense c:

Wilhelm : Merci gent damoiseau, j'espère que vous tours de magie sauront m’impressionner ♪

Gabriel : Merci à toi ♥

Farrial : Merci jeune servante c:

Miyabi : MIKAZUKI MUNECHIKA ♥ Ow mon dieu je t'adore déjà rien que pour cet avatar ♥ merci !

Svein : mouvement de cheveux franck provost, la qualité professionnelle pour moi ♪, t'es très bow aussi tu sais ♥
Merci bien c: je vais faire de mon mieux pour ne pas vous décevoir !

Merci encore à vous ♥
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(#) Sujet: Re: Mystic Aria - Crescendo of lotus bloom 16.08.16 1:25
Bienvenue ! Comment ai-je fait pour pas venir visiter ta fiche plus tôt ? Moi qui adore les coutumes tribales et chamaniques/druidiques du monde entier ! Bienvenue parmi nous, je vais attendre la suite avec impatience ^^.
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Aaron Halvor
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(#) Sujet: Re: Mystic Aria - Crescendo of lotus bloom 16.08.16 1:47
Bienvenue et bon courage pour ta fiche


Spoiler:
 
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(#) Sujet: Re: Mystic Aria - Crescendo of lotus bloom 16.08.16 2:03
hm... alors tu te présentes comme ça? intéressant, je suis curieux de voir la suite ^^
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(#) Sujet: Re: Mystic Aria - Crescendo of lotus bloom 21.08.16 12:23
Merci à vous trois pour votre accueil c:
Je tâcherai de ne pas faire traîner ma fiche trop longtemps ! (Imaginez un coeur ici, je peux pas les faire depuis mon portable)


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Soraya I. Powhatan
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(#) Sujet: Re: Mystic Aria - Crescendo of lotus bloom 21.08.16 15:16
(Ici Master/Takamori sous une autre de ses facettes Wink )

Bon courage pour ta fiche ^^
Ne t'en fais pas, tu as encore du temps Wink
Et puis, je vois que tu passes régulièrement donc je ne m’inquiète pas Very Happy


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(#) Sujet: Re: Mystic Aria - Crescendo of lotus bloom 27.08.16 18:35
Bonjour !
Comme tu avais spécifié que tu mettrais un peu de temps, sache que je t'octroie ton délai supplémentaire de 2 Semaines Wink
N'hésites pas à nous tenir informer pour ta fiche en tout cas ♥
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(#) Sujet: Re: Mystic Aria - Crescendo of lotus bloom 27.08.16 18:56
Bonjour c:

Merci beaucoup beaucoup, je devais venir vous le demander et... Bah je ne l'ai pas fais je m'en excuse. Merci de votre accueil d'ailleurs c'est gentil de votre part et merci du délai. Ma fiche avance mais sur un autre support puisque j'ai peu de temps de libre mais elle sera terminée bientôt avant la fin du délai promis !

Merci encore c:


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(#) Sujet: Re: Mystic Aria - Crescendo of lotus bloom 27.08.16 19:02
Y'a pas de mal ^^
Je te vois passer régulièrement, et de temps en temps dans le flood. Donc, je ne m'inquiéte pas. J'avoue être parfois plus "stricte" : mais c'est surtout quand je suis sans nouvelles aucunes, ou pour des prédéfinis ou pour des rôles importants ^^'

Enfin, courage pour la rédaction ♥
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(#) Sujet: Re: Mystic Aria - Crescendo of lotus bloom 01.10.16 14:25
Hello ♥

J'ai l'impression que tu as ajouté du contenu depuis ma dernière lecture, non ? Par contre, ta fiche est-elle terminée ? Toujours en cours ? Quand penses-tu avoir terminé ?
Merci d'avance de tes réponses et sache que je reste disponible pour toutes demandes ou questions sur l'univers, la fiche, les délais etc !
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(#) Sujet: Re: Mystic Aria - Crescendo of lotus bloom 02.10.16 0:14
Bonsoar ♥

Je suis profondément désolé pour mon retard, inexcusable je l'entends bien. En effet, j'ajoute régulièrement un peu de contenu à mon histoire, afin de terminer ma fiche de présentation. J'ai très peu de temps devant moi, et j'ai beau me démener, mon temps libre se compte sur les doigts de la main. Je n'oublie pas ma présentation, la preuve étant que le caractère de Soraya est terminée, mais il me reste encore à faire pour son histoire. Je m'excuse du fond du cœur :/
Je n'ai pour le moment plus aucunes questions, mais je n'hésiterais pas à venir vers toi en cas de problèmes. Puis-je demander un autre délai ? Même si je crois que j'ai largement dépassé les délais...


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Soraya I. Powhatan
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(#) Sujet: Re: Mystic Aria - Crescendo of lotus bloom 17.10.16 23:55
Y'a pas de mal ^^
Fais-moi signe quand c'est bon et tiens-moi informé. Je ne demande rien de plus ♥
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